Onirik
Exposition Jacques Martin à Angoulême
Le 28 janvier 2018

Grâce à l’équipe du prix SNCF du polar, nous avons pu visiter l’exposition sur la création de Alix, la BD qui a fait connaître Jacques Martin et celle pour qui il a consacré la plus grande partie de sa vie. L’exposition se situe au musée de la BD d’Angoulême. Cette dernière se trouvait dans le musée même afin de pouvoir protéger environ 250 planches inédites et anciennes.

Petit rappel sur Jacques Martin : ce dernier est né à Strasbourg en 1921. L’année de ses 11 ans, son père est décédé suite à un accident d’avion. Il a fait des étude d’ingénieur, puis en voyant qu’il ne s’épanouirait pas dans ce qu’il faisait, il se lance dans l’illustration. Pour cela, il va en Belgique prendre un poste au journal de Tintin [1]. Il commence à faire des petites illustrations sous le pseudo de Marleb.

Quand il postule en 1946 au journal de Tintin, il est pris, mais on lui fait remarquer quelques défauts qu’il devra améliorer. En plus d’être un des premiers collaborateurs d’Hergé [2], il commence à dessiner les aventures d’Alix avec une page par semaine. Doucement son style très esthétique va se démarquer, il va modéliser les décors et les vêtements. Et puis pour être le plus fidèle possible à l’histoire, il va faire des études d’archéologie.

Cette exposition présente donc les 40 ans de carrière de Jacques Martin à travers Alix. L’exposition a repris le plan d’une villa romaine dont chaque mur a un thème. Ce n’est pas par ordre chronologique, il n’y a donc pas de sens exact de visite de l’exposition.

Lors de sa 1ere apparition, Alix est un déserteur de l’invasion romaine. Puis quand il arrive à Rome, il va vite devenir ami avec Jules César. Dans Alix, il n’y a pas de vrais méchants à proprement parler et s’il y en a, ils seront représentés de dos dans les couvertures.

Il faut aussi savoir qu’à l’époque, il y avait une loi contre la représentation féminine. Ce qui va le pousser à trouver des subterfuges pour contourner la censure française, car il ne peut représenter des corps nus. C’est uniquement lorsqu’il ne sera plus publié dans le journal de Tintin qu’il se permettra une scène d’orgie.

Il y a également un peu d’anachronismes dans les premiers tomes, car nous avons des bateaux à vapeur, mais dans la suite, il y en a de moins en moins. Il y a aussi un grand travail sur la lumière et les ombres. Ainsi que des représentations de catastrophes naturelles aussi bien quand un personnage le demande que dans les cas de punition divine.

Lorsqu’on compare les premières planches d’Alix avec d’autre plus anciennes, on peut remarquer l’évolution du système de narration. Dans une page, il y avait 4 lignes de bulles, il va ensuite passer à 3 lignes de bulles par page. Et là où il reprend souvent dans une ligne le schéma une bulle, deux bulles puis une dernière bulle, il va aussi s’en éloigner et s’adapter au gré de ce qu’il a envie de raconter.

Nous avons pu voir qu’Alix a beaucoup voyagé (Italie, Égypte, Gaulle, Chine…). Et rien que pour Rome, Jacques Martin avait une maquette de la Rome Antique pour faire déplacer ses personnages de manière logique et pour avoir de meilleures vues aériennes.

Pour finir l’exposition nous avons un petit aparté sur Les Aventures de Lefranc [3] qui pourrait être une représentation d’Alix dans les temps modernes. Il y a des thèmes relativement similaires avec des complots multinationaux ou des complots mondiaux.

Alors qu’Alix est aussi une lutte personnelle contre des complots contre l’empire Romain, la BD est considérée comme une histoire plus intimiste. Alix est aussi spectateur de l’histoire.

Quand Jacques Martin ne pouvait plus dessiner, à l’inverse d’Hergé, il a permis que des personnes reprennent son œuvre pour faire continuer à vivre ses personnages. En ce moment, il y a deux suites : une qui est en ligne directe de l’auteur et une deuxième qui fait une ellipse de 20 ans dans le futur.

Album photos de l’exposition

Amandine T.

[1] Le journal de Tintin est un magazine hebdomadaire de bande dessinée réaliste de la seconde moitié du XXe siècle publié par Les Éditions du Lombard

[2] Auteur belge de bande dessinée principalement connu pour Les Aventures de Tintin.

[3] Lefranc, anciennement Les Aventures de Lefranc (1954-1961) ou Guy Lefranc (1977-1982), bande dessinée de Jacques Martin


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