Onirik
Masterclass du film ’Blue’
Le 4 mars 2018

Nous avons pu voir le prochain film Disney Nature : Blue ! A cette occasion, nous avons été invités à une masterclass avec certains membres de l’équipe. Voici un retour de cet événement !

Jean-François Camilleri (président de The Walt Disney Company France et fondateur de Disney Nature) : La production a été lancée il y a 3 ans, dont au moins 2 ans ont été consacrées au tournage. Le label Disney Nature est né en 2008, cela fait 10 ans qu’il raconte des histoires inventées par la nature.

Blue est le premier film qui se passe dans un écosystème général et qui ne suit pas qu’une espèce. En parallèle, Disney Nature a développé son propre écosystème digital, ses réseaux ainsi que son site afin de donner des informations concernant la nature et de créer une vraie communauté.

Keith Scholey (réalisateur) : C’est le troisième film que je réalise pour Disney Nature. J’ai travaillé sur Félins et Grizzly. Et j’ai eu envie de faire un tout autre film. Mes grandes passions sont le monde marin et le monde tropical. Lorsque j’étais plus jeune, je regardais les épisodes de Jacques Cousteau et je me disais « Voilà ce que je veux faire plus tard ».

Il y a une autre raison pour laquelle nous avons fait ce film, ce monde merveilleux n’a jamais été plus en danger qu’actuellement et ça, on devait le montrer. On devait amener le public dans le monde des dauphins, mais on a été confrontés à la réalité. Quand on fait un film en Afrique sur les félins, c’est facile de les suivre pendant des mois et des mois, alors que là…

La première règle chez Disney Nature est de filmer des animaux sauvages. Ce qui nous importe, c’est d’avoir des histoires fortes à raconter avec eux. En fait, il y a peu d’endroits dans le monde où on peut filmer les dauphins d’aussi près, car ils ne tolèrent pas beaucoup la présence humaine. Angela Ziltener étudiait ce groupe depuis plus d’une dizaine d’années. Elle connaît ce groupe qui nous a acceptés avec tout notre attirail, elle les connaît même individuellement.

Chaque visite qu’on faisait durait entre trois et quatre semaines, ce qui nous a permis de construire une histoire avec eux. Et puis, on voulait aussi à tout prix montrer la barrière de corail comme si on était sur la terre ferme, le plus net possible. Pour cela, il a fallu amener tout le matériel qu’on amène habituellement, des grues, des trépieds, etc. De plus, ce qui nous a beaucoup aidé, c’est que les plongeurs n’utilisaient pas les bonbonnes d’air habituelles, leur équipement permettait de recycler l’air et ne faisait pas de bulles. Cela a permis d’augmenter le temps sous l’eau à une moyenne de 4 ou 5 heures, et donc de devenir amis avec les animaux.

Denis Lagrange (chef opérateur) : Personnellement j’habite en Polynésie française plus de 6 mois de l’année et je connais les baleines à bosse. Keith voulait une famille où on ressente des émotions et pour cela, il fallait du temps, ce que Disney Nature a pu nous donner. La rencontre, c’est l’animal qui l’accepte et qui décide comment elle va se dérouler. Pour certains plans, nous avons dû attendre des heures et des heures en les suivant pour qu’elles acceptent notre proximité. D’ailleurs, l’équipement de recycleur d’air était vraiment utile, car les bulles d’air peuvent être perçues comme une forme d’agression pour elles. Il y avait une île dont on fait le tour en deux heures, c’était facile de retrouver les mêmes individus. Il y a des timides, des mâles chanteurs, on évitait les petits baleineaux, car les mères étaient très protectrices envers eux. Alors qu’avec celui qui avait trois mois, c’était beaucoup plus facile, on a travaillé avec la baleine la plus à même d’accepter notre rencontre.

Keith Scholey (réalisateur) : On voulait vraiment montrer aussi ce combat de mâles, ce qui a posé des problèmes pour filmer. Les baleines font du 20km/H, il n’est donc pas conseillé de nager à côté pour les voir se battre. On est resté à bord et on a fixé la caméra grâce à une grue sous le bateau pour pouvoir les filmer au plus près.

De plus, malgré le fait qu’on étudie les baleines depuis plus de 40 ans, il y a encore de nombreuses choses qu’on ne comprend pas. Les rushs du film ont donc été confiés à des chercheurs pour les aider dans leurs études.

Autres éléments, les requins, par exemple, sont des individus importants dans la barrière de corail, on voulait les aider car ils sont persécutés. Les voir ainsi en groupe est rare maintenant. Ici, c’était aussi en Polynésie française, et j’ai appris beaucoup de choses avec Denis. Quand on plonge dans ce canal en plein jour, les requins sont en pleine sieste, c’est donc un tournage qui a dû se faire de nuit.

Denis Lagrange (chef opérateur) : C’est un endroit particulier car il y a un groupement où on peut trouver près de 200 individus. Sur les images, il y en avait parfois presque 150. Il y avait ici deux genres de requins, les requins gris et les ailerons blanc de lagon. La nuit, cela devient leur terrain de chasse. On ne voulait pas les déranger, donc on a essayé de faire un éclairage proche du clair de lune. Les plongeurs étaient également lourdement équipés, presque 12 kg de matériel, ils avaient des combinaisons en côte de maille pour se protéger. Comme on était sur leur terrain de chasse, on a même pu être un peu mordus, mais c’étaient des erreurs, car ils cherchaient les petits poissons qui venaient se cacher derrière nous.

On a vraiment pu préparer le tournage et faire attention aux risques encourus. Cette préparation en amont nous a permis d’être totalement concentrés sur la prise d’images. On avait une communication libre et on pouvait rester des heures sous l’eau. En plus, avec l’éclairage, ceux restés à bord pouvaient nous voir alors qu’on était entre 15 et 20 mètres sous eux. C’était très intense.

Jean-François Camilleri (fondateur de Disney Nature) : Les films Disney Nature sont là pour émerveiller et faire voyager les gens là où ils n’iront probablement jamais. Mais ils sont aussi là pour faire réfléchir et motiver les gens à agir, en donnant du temps, des idées, en transmettant cela aux autres. On travaille donc sur chaque film avec des partenaires du monde de la protection animale. Pour ce film-là, on a été en collaboration avec Tara Expéditions.

André Abreu (Tara Expéditions) : C’est une société d’intérêt public, elle a été fondée par des vrais passionnés de la mer. La Tara Expéditions est active dans les rassemblements importants comme pour la Cop21, etc. Ainsi, on est très heureux de voir les coraux comme acteurs d’un film.

Lorsque j’avais 18 ans, à Rio en 1992, l’écologie était verte et on n’en parlait pas trop. Tara essaie de faire rentrer les océans dans l’agenda du changement climatique. Avant la Cop21, ils n’étaient pas reconnus. On pousse à la protection de l’océan, qui subit des impacts sans précédent et ce n’est pas qu’au niveau de la pollution, avec par exemple le plastique, mais aussi de l’augmentation du trafic marin, réchauffement climatique, tourisme... D’ailleurs, il est estimé que dans quelques années, il y aura dans l’océan plus de plastique que d’organismes vivants.

C’est très important de savoir comme l’océan réagit et que la biodiversité marine peut être chamboulée par le changement des eaux d’un degré de PH (comme pour les coraux).

On a aussi étudié le plancton, il faut savoir que le plancton a 117 millions de gènes et 80 % sont totalement inconnus, alors que les humains en ont 20 millions et on les connaît tous. C’est une nécessité de comprendre ce monde. Et il regorge encore de beaucoup de secrets, on ne comprend pas encore pourquoi certains récifs ont un tel taux de blanchissement. On ne connaît pas encore tous les critères justifiant cette différence. Ça fait 12 ans qu’on essaye de faire de grandes expéditions, il faut donner du temps aux scientifiques.

On travaille aussi à transmettre cette passion et cette beauté, sans tomber dans l’écologie de la peur et de la privation. L’opportunité de ce partenariat était une chance unique, on touche un public large et cela permet d’accompagner l’équipe et de bosser sur leurs travaux.

Gilles Boeuf (Océanographe, Professeur à l’université Pierre et Maris Curie) : On m’a plusieurs fois demandé : qu’est-ce que vous faites ? Pourquoi êtes-vous là ? Je suis arrivé sur Pollen, un film relatif aux insectes pollinisateurs. Pour Blue, on m’a dit : « profitons de ce film pour faire passer un message au-dessus de ces images américaines ». On est à une époque charnière et l’océan est un merveilleux endroit.

Ce film permet aussi d’avoir du relief, l’océan est chimique et biologique, il fait rêver, mais est très dur d’accès. C’est très compliqué d’atteindre ces endroits sans en gêner les habitants, comme cela a été dit, la rencontre est déclenchée par l’animal.

On vogue entre romance et réalisme. Il faut faire entendre cet écosystème. L’océan ne peut pas être détruit, il peut être pollué, surexploité. On l’affecte, or cela a un impact sur la régulation du climat. Il a un rôle unique qui ne peut être efficace que s’il est vivant, s’il meurt, il n’y aura plus rien.

C’est un message à faire passer, il est grave, mais il est nécessaire.

Cécile de France (narratrice) : Jusqu’alors je n’avais pas vraiment de lien avec l’océan, mais j’ai eu cet honneur d’être l’ambassadrice d’un projet qui s’engage. A travers ma voix, je vais ramener une émotion, un émerveillement et un bout d’humain pour faire face à ces animaux qui montrent de l’entraide et des connexions. Il faut vraiment se poser la question de nos actes, sur comment consommer, comment acheter. J’ai réalisé qu’en jetant mon plastique, il ne sera recyclé qu’une fois, et finit comme déchet.

Donc je suis la règle des 5 R :
- Réutiliser les matériaux qu’on a déjà.
- Réduire la consommation, acheter moins, et si on achète aller vers un achat d’occasion, bioéthique, du marché équitable.
- Réparer un objet.
- Recycler.
- Refuser et remplacer.

Tout ça pour dire que je n’y connais rien, mais j’ai appris beaucoup de choses. Tout ce qui concerne la transmission chez les animaux marins est émouvant. Je terminerai ainsi : faites moins usage de plastique. Et le film vous permet de faire un magnifique voyage en polluant le moins possible.


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