Onirik
Rencontre du roman policier sous le nazisme au polar contemporain
Le 11 juin 2017

Dans le cadre de la deuxième édition du Salon du livre du mémorial de la Shoah ce week-end, une rencontre avait été organisée autour du roman policier durant le troisième reich.

Contrairement à ce qu’on imagine, d’ici et dans notre présent, ce genre considéré comme du divertissement et non pas de la littérature a continué à être très représenté en Allemagne durant la dictature d’Hitler et ses troupes.

Les krimis (polars en allemand) se vendaient très bien malgré la censure touchant toutes les formes de culture. Certains auteurs arrivaient même à mêler à leurs trames, des idées subversives en les cachant derrière des procédés malins, utilisés pour berner les censeurs.

De nos jours, deux grands romanciers réinventent le genre en situant dans leurs romans policiers un fil conducteur : leur ville sous l’occupation nazie. Berlin pour l’un, Paris pour l’autre ! Harald Gilbers a passé plus d’un an et demi à se documenter puis un an à écrire son premier roman, également le premier d’une trilogie : Germania.

Tout a été pensé pour que chaque élément soit historiquement juste et c’est une réussite. Le deuxième tome (Les fils d’Odin est déjà paru les deux publiés (chez Kéro puis en poche chez 10/18) et le suivant sortira au printemps prochain. Puis il entamera une nouvelle trilogie, avec le même personnage, pour couvrir la période de la guerre froide.

De son côté, Romain Slocombe a écrit un roman policier se déroulant sous l’occupation à Paris et a eu les mêmes sources primaires et secondaires ou, du moins, le même type de sources pour documenter la partie historique de L’Affaire Léon Sadorski. La suite des aventures de ce flic pétainiste, si Français, sortira en août et est toujours très documenté sur la période, tout en jouant sur le bien et l’ironie du mal (ou le contraire).

Tandis que Harald Gilbers a entamé cette écriture pour faire exister cette période honnie, pour que personne ne l’ignore. Lorsqu’il travaillait sur la documentation historique, il a été particulièrement surpris par le black out existant parmi ses contemporains sur le sujet.

Vincent Platini, chercheur associé au Centre Marc Bloch à Berlin, a lui écrit notamment deux livres, Lire, s’évader, résister et Krimi, où il documente - d’une manière nous semblant exemplaire - l’histoire du polar allemand et son existence durant la Seconde Guerre mondiale. Il est également traducteur et ses ouvrages contiennent des adaptations françaises de certains des livres ou nouvelles cités.

L’ensemble animé par Hervé Delouche (membre de l’association 813 : les amis des littératures policières) fut un moment passionnant et parfaitement émulé par ces trois auteurs de talent.

Et pour la petite histoire, Harald Gilbers a affirmé que le polar et tout autre genre de divertissement était encore plus durement ostracisé en Allemagne qu’en France, ce qui nous semblait peu probable ! Et pour conclure, autant lui que Romain Slocombe donnent au genre des lettres de noblesse de grande qualité en insistant sur la précision historique travaillée au détail près.

Valquirit

Nos photos de la rencontre :


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