Onirik
Action Sociale Sans Frontières
Onirik -> Bon plan -> Associations -> Dernière mise à jour : le lundi 6 juillet 2015.

Basée à Strasbourg, l’association bénévole Action Sociale Sans Frontières soutient des initiatives togolaises locales situées à Lomé, Kpalimé et Kuma Apoti. Onirik a pu interviewer le président de ASSF, Victor Haumesser



questions de Claire Saim

Onirik : Victor, quand et comment est née cette association ? Quel a été l’élément déclencheur de toute cette formidable aventure ?

Victor Haumesser : L’association a été créée en février 2005, suite à un voyage effectué au Togo par des membres de ma famille et moi-même. Le choix de ce pays ne s’est pas fait au hasard, mon père ayant fait la connaissance de plusieurs Togolais en formation en France dans les années 90, grâce à son travail à France Télécom.

Durant ce voyage, nous avons été très sollicités par les habitants, qui nous demandaient énormément de choses, aussi bien de l’argent que du matériel et des contacts en France. Nous avons rencontré plusieurs personnes, membres d’associations togolaises, ou voulant en créer, travaillant dans des hôpitaux, des centres médicaux-sociaux, des associations de réinsertion, dans le domaine éducatif...

Onirik : Comment tout cela s’est mis en place de Strasbourg au Togo ? Qui fait partie de votre association ?

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Kuma Apoti, le village

Victor Haumesser : De retour en France et devant l’importance des besoins de ce pays, nous avons décidé de monter notre propre association, avec pour mot d’ordre : solidarité internationale. Les membres fondateurs étant pour la plupart assistantes sociales, enseignants et animateurs socio-culturel. L’engagement de départ était de fournir une aide technique, financière et matérielle à des associations ou des structures togolaises. Nous voulions surtout éviter le parachutage arbitraire ou le saupoudrage de liquidités, sans réel projet en fond.

Onirik : Très concrètement, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ? Et comment vous organisez-vous ? Sur le terrain, avez-vous dû renoncer à certains projets pour en favoriser d’autres ?

Victor Haumesser : Nous avons rencontré de nombreux obstacles, les plus gros sont le manque de moyens financiers, la difficulté d’obtenir des aides en France, notamment. Nous avons dû renoncer à des partenariats avec des gens peu fiables sur place, mais depuis que l’on travaille avec des gens en qui on a confiance à 100 %, tout se passe bien sur place. Mais au final nous nous sommes concentrés sur une région précise, et depuis 4 ans, on y organise deux séjours annuels, dont l’un d’un mois en été avec une équipe de 6 à 9 bénévoles français.

Onirik : Quel est le travail accompli par ces bénévoles qui donnent ainsi de leur énergie, de leur bonne volonté et de leur temps ? Quels sont les objectifs prévus ?

Victor Haumesser : Au début, nous soutenions des associations togolaises, et nous avions entamé le parrainage d’enfants par des familles françaises (une personne ou une famille en France s’engage à verser une certaine somme, actuellement 30 euros par an, pour couvrir les frais de scolarité et l’achat d’équipement scolaire tel que uniformes obligatoires, livres, cahiers, stylos).

Actuellement, nous soutenons aussi des structures médicales (hôpitaux, dispensaires de campagne) par l’envoi de matériel et la réalisation de travaux (électrification solaire, rénovations). Le dernier pôle d’activité de l’association est l’octroi de micro-crédits (entre 50 et 150 euros sur un an) et le soutien à des initiatives villageoises (par exemple, la création et l’entretien d’un système de collecte d’ordures ménagères). Les bénévoles sur place participent aux projets selon leurs compétences : cours de remise à niveau, aide médicale, projets divers (on a eu des artistes qui ont organisé des activités théâtrales, de danse, ou bien la mise en place d’un système de compost, etc...).

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les enfants du village

Onirik : Présentez-nous un peu la région (et le pays) dans lequel vous et les bénévoles intervenez... Quelles sont les conditions de vie au jour le jour ?

Victor Haumesser : Le Togo est un pays aux paysages contrastés, bien que le pays ne soit pas grand. Il se présente sous la forme d’un quadrilatère allongé dans le sens Sud/Nord, bordé au sud par l’océan. Plus on remonte vers le nord, plus le climat devient sec et désertique. Le pays est frontalier au Nord avec le Burkina, à l’est avec le Bénin et à l’ouest avec le Ghana.

La région dans laquelle nous sommes basés se situe au Sud/Ouest, à la frontière avec le Ghana. C’est une région de moyenne montagne, très verte et vallonnée donc difficile d’accès. Le climat est humide, frais en hiver et chaud et étouffant en été, bien que plus supportable que dans le reste du pays. La population est pauvre, sans être miséreuse pour autant : il est rare qu’une famille n’ait pas un lopin de terre à cultiver pour se nourrir et revendre une partie de la production.

Onirik : Quelles sont les commodités dont disposent les habitants ? Et surtout que leur manque-t-il sur place pour améliorer la vie quotidienne ?

Victor Haumesser : La vie est difficile : absence d’eau courante et de systèmes de traitement des eaux, absence de réseau électrique, peu de perspectives d’avenir, pas d’emploi, système éducatif cher et/ou déficient. Les jeunes s’exilent massivement vers les villes, mais manquent de formation pour trouver un travail une fois là-bas.

L’éloignement des services de santé et le dénuement de ceux-ci ajoutent aussi une forme d’insécurité. Enfin, un service social débordé (car manquant de moyens) laisse trop souvent les plus démunis en grande précarité.

Dans cette zone du Togo, les villages sont organisés en districts. Nous intervenons en ce moment dans le district de Kuma, qui regroupe une dizaine de villages, pour un total de 4000 à 5000 habitants. Kpalimé, la grande ville la plus proche est à 2h de taxi-brousse, selon l’état de la route non-goudronnée qui y mène. La capitale, Lomé, est à plus de 4 heures.

Onirik : Vous êtes tous des bénévoles, nous l’avons déjà souligné, et vous faites un travail incroyable sur place. Quels sont vos moyens, comment trouvez-vous les fonds pour mener à bien tous ces projets ambitieux ?

Victor Haumesser : L’association se finance grâce aux cotisations des membres, aux dons, et grâce à des actions de collecte. Par exemple, nous organisons chaque année une fête togolaise en France avec repas de charité, nous sommes sur des marchés de Noël ou sur des manifestations publiques pour tenir un stand et vendre de l’artisanat togolais.

L’association a très peu de frais de fonctionnement. Tous les membres sont bénévoles, les volontaires qui vont sur place payent leur billets d’avion et les frais pour leur séjour de leur poche.

Malgré cela, on a beaucoup de mal à trouver des rentrées d’argent, que ce soit des parrains pour nos enfants scolarisés, ou bien des dons pour nos actions qui nécessitent de lourds financements (pour exemple, l’électrification par panneaux solaires coûte 4000 euros).

Onirik : Quels ont été vos projets concrétisés pour cette année 2011 ?

Victor Haumesser : Sur le plan éducatif, le parrainage d’une quarantaine d’enfants, la création d’un poste pour une professionnelle pour le jardin d’enfants, l’envoi de plus d’une tonne de matériel scolaire, la tenue d’une école d’été et de cours de soutien pour 150 élèves de primaire et collège.

Sur le plan de la santé, la première phase d’électrification solaire d’un dispensaire, l’aide à la création d’un centre de santé dans un village isolé, l’apport de matériel et médicaments, l’organisation de séances d’information (IST, Sida, planning familial), et la présence de deux professionnelles de santé (une pédiatre et une infirmière) durant le séjour d’été, en soutien au dispensaire du district.

En ce qui concerne le plan du développement, il y a eu la mise en place de poubelles publiques dans les rues d’un village, l’accord d’une vingtaine de nouveaux micro-crédits, le soutien à un Centre Médico-social, une aide financière et matérielle à plusieurs associations togolaises et à des établissements scolaires, ainsi qu’une aide à la création d’une association-sœur sous loi togolaise (ASSF-Togo).

Onirik : Et quels sont vos projets et vos souhaits pour l’avenir ?

Victor Haumesser : En plus de continuer toutes les actions à long terme citées ci-dessus, nous comptons réaliser un réseau de bibliothèques publiques et gratuites dans le district. Une équipe de bénévole sera sur place en février (3 personnes) et en juillet/aout (8 personnes).

Onirik : Que peut-on faire pour aider concrètement ?

Victor Haumesser : Pour nous aider, on peut devenir membre (20 euros de cotisation) ou nous adresser des dons (on délivre des reçus fiscaux pour déduction auprès des impôts).

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la classe

Les personnes de la région Alsace ou limitrophe peuvent par exemple organiser des collectes de matériel scolaire (cahiers, stylos, cartables), de lunettes, de chaussures de sport, de téléphones portables, ou encore du matériel médical (sauf médicaments), comme des bandages, seringues, aiguilles etc...

Mais il vaut mieux nous contacter avant. On peut nous écrire au siège de l’association : ASSF 2 quai Saint Thomas, 67000 Strasbourg ou sur notre mail contact@actionsocialesansfrontieres.com.

Onirik : Et au sujet des parrainages ?

Victor Haumesser : Pour les parrainages, les personnes intéressées peuvent se manifester auprès de nous, et nous adresser un chèque de 30 euros. Nous leur enverrons un dossier présentant l’enfant parrainé, une photo, sa situation familiale etc. Nous leur ferons parvenir après chaque séjour au Togo d’une de nos équipes une lettre de l’enfant, et nous transmettrons le courrier du parrain. Il est important pour nous de maintenir un échange et les enfants togolais y sont très sensibles et aiment avoir des nouvelles et des photos de France.

Onirik : Victor merci infiniment, on vous souhaite le meilleur pour cette très belle initiative en 2012.

Merci à toute l’équipe d’ ASSF qui s’investit de si belle façon au Togo et à son président, Victor Haumesser de nous avoir consacré quelques minutes de son temps.

Crédit photo : Victor Haumesser


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L'auteur Claire Saim
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