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C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le lundi 25 janvier 2021.
Éditeur : Pocket

roman de Lilian Bathelot

Présentation de l’éditeur

2089, dans une société hypertechnologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l’on peut retrouver la nature et des gestes ataviques.

Les gouvernements planétaires tentent désespérément de trouver une parade à cette indépendance qui a, semble-t-il, fort à voir avec les narvals, et leur sonar si particulier. La jeune chercheuse inuit Kisimiippunga vient de terminer le rite ancestral de la Première Chasse. Alors qu’elle est seule au milieu de nulle part, elle voit surgir un traîneau sur lequel elle découvre un Européen blessé. Qui est-il et que vient-il faire ici ?

Avis de Hirone

Kisimiipunga est en train d’accomplir sa Première Chasse, un rituel ancestral inuit à la fin duquel elle pourra choisir son nom d’adulte. La jeune femme est fière de sa traque, fière de ne pas avoir fait appel à la technologie et aux armes létales qui lui auraient permis d’éviter de se retrouver au bout d’un champ de neige.

La bête, elle l’a suivi, elle s’est fondue dans son ombre pour être au plus proche d’elle. Au milieu du bruit de la nature sauvage, Kisimii va tout de même être dérangée par une âme humaine sortie de nulle part. Chassés par les loups, des chiens tirant un homme inconscient foncent vers elle.

De l’autre côté, l’officier La Gaufre se sent sur un siège éjectable. Un déserteur des forces de police a totalement disparu des radars, ce qui est normalement impossible dans la société ultra-connectée dans laquelle il vit.

Le déserteur a une puce sous la peau, et même s’il se l’avait fait enlever, les robots de contrôle devraient pouvoir identifier son visage. Jusqu’à maintenant, il était invisible. Or, une puce ayant l’identification du déserteur a été captée, la mission est de le ramener en zone sécurisée afin de savoir ce qu’il cache.

D’un chapitre à l’autre, on suit Kisimii dans son isolement naturel avec le monde et la poursuite du déserteur.

Kisimii n’a en principe aucun lien avec cette traque. Au milieu d’une zone inhabitée au coeur du Groenland, elle va découvrir beaucoup de chose à travers sa curieuse rencontre. Son regard nous permettra de comprendre qui elle est et l’univers auquel elle appartient.

Kisimii vient d’une zone-franche et n’a jamais été attirée par les zones sécurisées. Avoir une puce sous la peau, recevoir des communications internes directement dans son cerveau, être contrôlée à distance, ne sont pas des choses qui l’attirent, bien au contraire. Les zones franches rêvent d’une vraie indépendance, de ne plus être sous les caméras des zones sécurisées, de ne plus être vues comme des sauvages.

De l’autre côté, la sécurisation empêche les crimes et les délits. La criminalité est au plus bas avec ces technologies. On peut pratiquement tout faire donc pourquoi voudrait-on quitter ce modèle ? La mission de recherche d’un déserteur se révèle finalement plus importante que ne voulait le croire la Sécurité nationale.

Avec les personnages, on découvre les enjeux derrière cette fuite. Il est passionnant de voir le développement de l’histoire et de comprendre les liens entre toutes les situations. L’ensemble est recherché et on trouve cela passionnant.

Néanmoins, le roman est assez court, on reste d’ailleurs un peu sur notre faim. C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc paraît être une toute petite séquence dans quelque chose de beaucoup plus grand. Il n’y a là qu’un pan de l’histoire qui nous est raconté. Les pages et les mots nous limitent, ce qui nous frustre, on aurait souhaité plus, tant on est curieux de ce qui se passe.

Rappelons également que le roman est initialement sorti en 2006. Pourtant, la situation n’a pas vraiment évoluée en 15 ans. Le récit vise un futur plus ou moins lointain, mais vraisemblablement crédible. On sent que l’élaboration l’action a été soigneusement réfléchie et développée.

C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc est un roman très agréable et dont la plume nous fait tourner les pages les unes après les autres. On a été embarqué dans ce monde de neige et de technologies ultradéveloppées en un instant.

Fiche technique

Format : poche
Pages : 256
Editeur : Pocket
Sortie : 19 novembre 2020
Prix : 7,30 €


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