Onirik
Car si l’on nous sépare - Avis +/-
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le mercredi 16 août 2017.

Un roman sur le passage à l’âge adulte saisissant de justesse, des héroïnes fascinantes, une invitation à l’art et à la passion



Editeur : Harper Collins

roman de Lisa Stromme

Présentation de l’éditeur

Norvège, 1893. Le petit village de pêcheurs d’Åsgardstrånd se prépare à l’arrivée de la noblesse mais aussi à celle d’un cercle d’artistes très controversés, la Bohême de Kristiania. Tous viennent profiter du fjord, dont la lumière estivale décuple la beauté.

Johanne Lien, la fille d’un modeste fabricant de voiles, devient le temps d’une saison la servante de l’impétueuse Tullik Ihlen. La jeune femme l’entraîne dans sa passion pour Edvard Munch, dont les toiles scandalisent les estivants. Johanne est captivée par l’émotion brute qui se dégage de l’œuvre du peintre et accaparée par la liaison secrète qu’il entretient avec Tullik. Mais très vite, elle comprend qu’elle devra dissimuler bien plus que des rendez-vous amoureux...

Avis d’Anna

Car si l’on nous sépare (dont le titre originel est The Strawberry girl) est le premier roman de la Britannique Lisa Stromme. Si le titre de ce roman intrigue autant qu’il laisse perplexe, les thèmes qu’il couvre, tels que l’amour, la passion, l’art et l’amitié, sont universels. L’art, et plus particulièrement la peinture, est le fil conducteur de cette œuvre. Nombreux sont les personnages qui la pratiquent à Åsgardstrånd. Mais celui qui a motivé l’imagination de l’auteur n’est autre que le peintre expressionniste norvégien, Edvard Munch (1863-1944).

Munch anime l’œuvre et la vie de cette petite ville côtière. L’objet de tous les ragots et paria d’Åsgardstrånd, l’artiste est à la bouche de chacun et au cœur de toutes les passions. L’affaire est telle que les villageois osent à peine prononcer son nom, et encore moins parler de son art, jugé d’ « obscénités » et considéré comme pouvant « provoquer des maladies » par les médecins même de la capitale, Kristiania, aujourd’hui nommée Oslo.

Pourtant, Munch a les faveurs de nombreux artistes et reçoit régulièrement dans sa petite maison, ses amis, venus de la capitale, mais aussi des quatre coins de l’Europe.

La passion est, elle, intrinsèquement liée à la peinture. Stromme peint ici un trio - Johanne, Tullik et Munch - dont les coeurs s’unissent autour de l’art. Leur sensibilité et leur vision respectives du monde sont teintées par leurs sensibilités et guidées par l’art. Allégresse, envies, mélancolie et désirs se mêlent et animent ce trio que les disparités sociales, ni les ragots ne sauraient arrêter, ni séparer.

Amitiés et amour se mêlent là où art et désir sont maître des corps et des esprits. L’art infecte, de jour comme de nuit, les recoins infimes de leur pensée et de leur vie. Les lignes et les esprits se brouillent, entre désir d’indépendance et de liberté, soif de vivre, solitude et besoin d’amour.

La forêt et la mer, elles, sont les témoins des émois et tumultes qui amènent à la maturité des personnages. Raccourci pour passer d’un village à l’autre, la forêt est un lieu de passage, d’étreintes, de rites, de conversation, et un haut lieu de secrets pour les protagonistes. La mer, elle, accueille, berce, conforte et nourrit les espoirs, les rêves et les émois de Johanne, Thomas, Tullik et Edvard.

Quant au personnage de Johanne, il faut en souligner la construction. Multi-facettes, cette héroïne possède une sensibilité, psychologie et force de caractère qui sont particulièrement saisissantes et attachantes. Si le roman est construit majoritairement de son point de vue, ses qualités d’observatrice et son attention pour le détail nous plongent au cœur de ce village, de ses habitants et de leur psychologie.

Lisa Stromme signe avec Car si l’on nous sépare un premier roman convaincant et dépaysant. Les pages nourrissent l’imagination et inspirent au voyage de l’âme et du corps. Les connaisseurs d’art apprécieront les descriptions de tableau et les références au Traité des couleurs de Goethe qui rythment l’œuvre.

Un bémol cependant sur la traduction franco-anglaise qui apportent à de nombreuses occasions son lot de tournures bancales ou maladroites qui perturbe la lecture. Par ailleurs, l’adaptation du titre déplace et fausse totalement l’arc principal de ce roman.

Fiche technique

Format : broché
Pages :336
Éditeur : Harper Collins
Collection : Harper Collins
Sortie : 2017
Prix : 19,90 €

L'auteur Anna Rabe
Son site : Kulture Fokus
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