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Conférence sur Bungô Stray Dogs : Dead Apple
Onirik -> Cinéma -> Interviews - biographies -> Dernière mise à jour : le lundi 6 août 2018.

Conférence dédiée à la série Bungô Stray Dogs, l’anime et le film Dead Apple, en compagnie de la productrice Mari Suzuki et le character designer Nobuhiro Arai.



le venderdi 6 juillet 2018

retranscription de Hirone

Présentateur : Bungô Stray Dogs est une série qui mélange enquête et fantastique, elle a été diffusée au Japon en 2016 en deux parties. Elle a été relayée en simultcast sur Crunchyroll et sort actuellement en DVD chez @Anime [1]. Il y a eu un OAV en 2017, un épisode 25 et enfin un film sorti cette année « Bungo Stray Dogs – Dead Apple » et qui a été projeté hier à Japan Expo [2].
Pour intervenir et parler de cette œuvre, on accueille cette année à Japan Expo deux invités qui ont travaillé sur cet anime : Mari Suzuki et Nobuhiro Arai.

Alors vous Mari Suzuki, vous êtes productrice, vous avez produit l’anime, la série télé et le film de BSD. Comment êtes-vous rentrée au Studio Bones où vous officiez ?

Mari Suzuki (Productrice) : Je suis au Studio Bones depuis plus de 10 ans. Avant le Studio Bones je travaillais dans un autre studio d’animation, et j’ai vu l’anime Eureka Seven ce qui m’a donné envie de rentrer dans ce studio spécifiquement.

Présentateur : Depuis toute jeune, vous avez toujours eu envie de travailler dans l’animation ?

Mari Suzuki (Productrice) : Je regarde des animes depuis que je suis toute petite, principalement ceux avec des robots et des mechas [3]. Je veux donc depuis toujours en faire mon travail, créer des histoires qui peuvent toucher les gens.

Présentateur : C’est rare de voir une femme qui aime bien les séries de robots ou de mecha.

Mari Suzuki (Productrice) : J’ai toujours beaucoup aimé ce genre, principalement la série des Gundam.

Présentateur : La fameuse grande saga Gundam, la référence de mechas au Japon, Bungô Stray Dogs a été votre première série en tant que productrice, pouvez-vous nous expliquer brièvement quel est votre travail sur la série et dans le studio ?

Mari Suzuki (Productrice) : En règle générale, le rôle du producteur c’est principalement de faire de la planification, de vérifier qu’on respecte bien tous les délais et aussi de créer l’équipe qui va travailler sur le film. Je suis très contente d’avoir eu dans mon équipe M. Arai et le réalisateur M. Igarashi qui sont particulièrement doués. On a ainsi pu faire un très bon film.

Présentateur : Merci. M. Arai, pourquoi avez-vous choisi de travailler dans l’animation ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce métier-là ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Depuis tout petit, je regarde aussi des animes. J’ai toujours voulu dessiner, mais plus que d’être mangaka, c’est vraiment le métier d’animateur qui m’a attiré.

Présentateur : Est-ce qu’il y a des animes qui vous ont marqué lorsque vous étiez plus jeune ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Celui qui m’a le plus marqué c’est Saint Seiya.

Présentateur : Donc, Bungô Stray Dogs a été votre deuxième travail en tant que character designer, au début vous avez commencé, comme beaucoup d’animateurs, sur un tas de séries. On peut citer : Slayers Revolution [4], Steins ;Gate [5] ou encore Blast Of Tempest [6] et votre premier travail en tant que character designer, c’est-à-dire en tant que créateur de personnages, c’était sur Hitsugi no Chaika [7]. Que gardez-vous comme premier souvenir à ce poste important ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Hitsugi no Chaika était mon premier travail comme character designer, ça a été très compliqué pour moi car je me mettais beaucoup la pression pour faire les meilleurs dessins possibles. Ainsi, c’était très dur mais maintenant j’en garde de très bons souvenirs.

Présentateur : En quelques mots, pouvez-vous nous expliquer le rôle du character designer sur une série ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Mon travail c’est de créer les poses clés des personnages. Et de comprendre les points importants et les caractéristiques de chacun pour en tirer le meilleur, afin de les rendre de plus en plus beaux.

Présentateur : Revenons d’abord sur la série télé de Bungo Stray Dogs. D’abord, petite diffusion de l’opening Trash Candy, chanson interprétée par Granrodeo

Présentateur : La série est une adaptation d’un manga publié au Japon par Kadokawa, de Kafka Asagiri pour le scénario et Harukawa 35 pour les dessins. Il est publié au Japon depuis 2013, il y a 15 tomes là-bas et en France, la publication du manga en est au tome 8 chez Ototo Édition. Quelles ont été vos premières impressions lorsque vous avez lu ce manga, quand vous avez commencé à travailler sur cette adaptation animée ?

Mari Suzuki (Productrice) : J’ai découvert le manga dès la parution du premier tome car on m’a fait la proposition de m’occuper de la série télé. Et en le lisant, on découvre le personnage principal Atsushi qui n’a absolument rien. Il n’a pas de maison, pas d’argent, pas de travail ni de famille. Le fait qu’il vienne d’un tel environnement mais finisse par rencontrer Daizai qui va un peu devenir cette famille avec les autres détectives, ça permet aux personnes de se sentir un peu moins seul. Ça donne un peu d’espoir. En plus, le fait de voir tous ces super-pouvoirs très charismatiques et très classes, ça donnait vraiment envie de faire une histoire là-dessus.

Présentateur : Comment procèdet-on ? Comment commence-t-on à travailler sur l’anime ? Comment décide-t-on de l’équipe qui va travailler sur le projet, comment faites-vous concrètement le choix du réalisateur character designer ?

Mari Suzuki (Productrice) : Tout d’abord la première étape, c’est de choisir le réalisateur. Mon choix s’est porté sur M. Igarashi car il travaille très bien. Ensuite, on travaille de concert avec le réalisateur pour se mettre d’accord sur le reste de l’équipe. On avait d’abord désigné un autre staff pour l’équipe, mais au final, on a conservé l’actuelle.

Présentateur : M. Arai, pour votre travail précédent sur Hitsugi No Chaika, l’histoire était tirée d’un light novel [8]. Dans les light novel, il y a un travail graphique totalement différent de l’œuvre tirée d’un manga, quelle est la différence entre ces différents supports ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Concrètement, il n’y a pas tant de différences que ça pour moi en tant qu’animateur. La seule petite différence serait que pour l’illustrateur du light novel, les dessins sont beaucoup plus détaillés comme il y en a moins, alors que dans le manga, le dessin est en général plus simplifié. Les deux se font bien.

Présentateur : Avez-vous eu des requêtes spécifiques de la part du scénariste par exemple ? Ou du dessinateur ? Avaient-ils des idées différentes à développer dans l’anime par rapport à l’oeuvre qu’ils avaient faite ?

Mari Suzuki (Productrice) : Le scénariste Asagiri était toujours avec nous aux réunions en relation avec le scénario, avec le scénariste de l’anime et le réalisateur. Donc, plutôt que dire qu’on se basait sur son scénario, il est préférable de dire qu’on a vraiment tout vu ensemble, comme s’il faisait partie de notre équipe. Nous n’avons donc pas eu de demandes spécifiques de sa part vu qu’il était là, il faisait un travail à part entière de scénariste avec nous.

Nobuhiro Arai (Character Designer) : En ce qui concerne les dessins, on m’a laissé à peu près carte blanche sur tout. Il y a juste eu une petite requête par rapport aux mèches de devant d’Akutagawa.

Présentateur : M. Arai, y’a-t-il des personnages que vous prenez plus plaisir à dessiner ou certains sont-ils difficiles à faire ? Enfin, quel est votre personnage préféré ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Le personnage que j’aime le plus dessiner c’est Edogawa Ranpo parce qu’il a toujours les yeux fermés donc c’est très facile. Par contre, c’est Atsushi, le personnage principal, qui est le plus difficile à dessiner car c’est celui qu’on voit le plus souvent et au fil de l’anime, il faut que ses traits changent. Son dessin doit prendre en maturité pour se fondre avec le décor de l’histoire qui devient un peu plus sombre. C’est donc ce qui est un peu compliqué.

Présentateur : Maintenant, passons à une discussion autour du film Bungo Stray Dogs : Dead Apple. Alors la série Bungô Stray Dogs a fini à la fin de l’année 2016, le film est sorti début 2018, est-ce qu’il était prévu dès le départ qu’un film se fasse après la série ? Et comment est né ce projet ?

Mari Suzuki (Productrice) : Au tout début, le film n’était pas du tout prévu. Mais à la fin de l’anime, comme avec toute l’équipe on s’entendait tous très bien, on se demandait quoi faire ensuite tous ensemble. Le scénariste du manga, Asagiri, est alors venu nous voir pour nous proposer de faire un film avec un scénario original. On a alors décidé de se lancer à corps perdu dans ce projet.

Présentateur : Vous l’avez souligné, le film n’est pas tiré du manga, c’est un scénario original. Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir développer quelque chose d’inédit ?

Mari Suzuki (Productrice) : En fait, quand on a décidé de faire le film tous ensemble, le manga était encore dans un nouvel arc qui n’était pas terminé. Donc au lieu de faire les choses à moitié et de s’arrêter au milieu de l’arc par rapport au manga, on a préféré faire ce scénario original. Ainsi, le manga et le film pouvaient les deux se développer chacun de son côté.

Présentateur : Comment s’est passée la production du film ? Avez-vous une anecdote ou un souvenir particulier ?

Mari Suzuki (Productrice) : Avec l’équipe des scénaristes et le réalisateur, on est resté quelques jours dans une auberge traditionnelle japonaise. On s’est réuni pour écrire ensemble pendant 3 jours. On était dans une chambre très vieille, et la porte de la chambre s’est effondrée. On a aussi eu un scénariste bloqué dans les toilettes. On a eu un voyage très chargé émotionnellement. On a eu très peur.

Présentateur : Quelles sont les différences, en termes de production pour le dessin, entre la série et le film ? M. Arai, pouvez-vous nous parler du personnage Tatsuhiko Shibusawa, le personnage principal, qui a été créé pour ce film. Comment l’avez-vous imaginé ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : En ce qui concerne ce nouveau personnage, Shibusawa, il a été très facile à dessiner. C’est un personnage mystérieux qui a ses propres caractéristiques comme ses cheveux ou ses habits. La différence entre la série et le film, c’est qu’on a eu quelques petits changements dans le staff, mais surtout qu’on n’avait pas les mêmes délais, ils étaient plus longs pour le film. Ce qu’il y a de plus compliqué c’est le contenu de l’histoire qui prend de l’ampleur et se complexifie.

Présentateur : Madame Suzuki, combien de temps faut-il pour faire un film comme Bungô Stray Dogs ? Y a-t-il des choses à éviter ou quels sont les problèmes qu’on peut rencontrer ?

Mari Suzuki (Productrice) : En fait, pour un film d’animation normal, on prévoit environ trois ans. Nous on l’a réalisé en à peu près un an. Autant vous dire que le planning a été très chargé. Ça a été compliqué pour notre équipe de tenir les délais, à tel point qu’on a passé le jour de l’an ensemble, on n’avait vraiment pas le temps de se reposer.

Présentateur : Avez-vous une scène favorite dans le film ? Sans nous dévoiler l’intrigue bien sûr.

Mari Suzuki (Productrice) : Ma scène préférée, c’est celle où on voit pour la première fois le nouveau personnage de Shibusawa. Il a une aura très mystérieuse, du coup on a hâte de voir comment il évolue dans le film. C’est quelque chose qui m’inspire énormément.

Présentateur : Le manga Bungô Stray Dogs continue à être publié au Japon, est-ce qu’une suite de l’anime est envisageable ?

Mari Suzuki (Productrice) : On aimerait beaucoup faire une suite, mais rien n’est officiel pour l’instant. [9]

Présentateur : Que faites-vous tous les deux aujourd’hui ? Sur quels animes travaillez-vous ?

Mari Suzuki (Productrice) : Jusqu’à récemment, je faisais partie de l’équipe du film My Hero Academia [10].

Nobuhiro Arai (Character Designer) : En ce moment, je travaille sur un anime qui s’appelle Banana Fish. Par contre, j’aimerais beaucoup retravailler sur un anime de Bungô Stray Dogs si l’occasion se présentait.

Question du public : Ça serait très cool si un artbook du film pouvait sortir car c’est une bible pour les animateurs. Est-ce possible ?

Mari Suzuki (Productrice) : Actuellement, il y en a déjà un en vente au Japon. Mais on essayera de faire en sorte qu’il soit aussi disponible en France.

Question du public : J’ai une question à propos d’une des scènes de l’anime qui m’a le plus marqué dans ce que j’ai pu voir en anime. C’est la scène de l’épisode 1 où on voit pour la première fois la transformation du héros que Dazai vient annuler. Je la trouve très impressionnante car la synchronisation entre la musique et l’animation est parfaite. Avez-vous une anecdote par rapport à cette séquence ?

Mari Suzuki (Productrice) : Cette scène a été particulièrement difficile à faire car on n’est pas trop habitué aux animaux à quatre pattes, et ce n’est pas évident à faire. Je suis donc très contente que cette scène vous ait plu.

Question du public : Bonjour, c’est une question pour M.Arai par rapport au character design. On sait qu’il a débuté assez récemment sur Hitsugi No Chaika et on remarque que ce sont des design intrinsèquement très complexes avec beaucoup de données, ce qui n’est pas forcément évident à rendre en animation. Je voulais donc savoir comment il faisait pour simplifier au maximum pour faciliter la tâche des animateurs et combien de fois, en tant que directeur d’animation, a-t-il dû corriger les gengas [11] ?

Nobuhiro Arai (Character Designer) : Pour Hitsugi no Chaika et Bungô Stray Dogs, contrairement aux illustrations et aux dessins mangas qui ne bougent pas, il faut vraiment penser aux mouvements qu’auront les lignes. Par exemple, pour une personne qui porte des vêtements assez sombres, on va devoir regarder sur ces lignes si la couleur influe . Si c’est le cas, on va essayer d’en enlever et revérifier. C’est par rapport à ces lignes faites avant qu’on voit si on peut se permettre d’en rajouter ou d’en enlever.

Présentateur : On va malheureusement devoir s’arrêter là, merci encore une fois à vous, Mme Mari Suzuki et M. Nobuhiko Arai.

Retranscription et photos de la conférence par M.TA pour Onirik.net

[1] La saison 1 est sortie le 14 mars 2018, l’intégrale de la saison 2 sort le 5 septembre 2018

[2] Projeté exclusivement à Japan Expo jeudi 5 juillet 2018

[3] désigne un thème de science-fiction, ayant la particularité de mettre en scène des personnages utilisant ou incarnant des armures robotisées, généralement de forme humanoïde.

[4] Slayers Revolution est une série d’heroic fantasy créée par Hajime Kanzaka.

[5] Série éditée en France chez Dybex.

[6] Aussi connue sous le nom The Civilization Blaster, l’anime n’a pas été éditée en France, mais le manga a été publié chez Kurokawa

[7] Qui a été diffusée sur Crunchyroll.

[8] Le light novel est un type de roman japonais destiné à un public de jeunes adultes.

[9] Depuis, la saison 3 a été annoncée via le twitter officiel de la série.

[10] Manga édité chez Ki-oon et la saison 1 de l’anime chez Kazé

[11] Un Genga dans le langage des animateurs de dessin animé est une pose clé d’un personnage dessiné par un animateur clé. Il fait la pose de départ et de fin et les intervallistes dessinent les poses intermédiaires appelées Dôga.


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L'auteur Hirone
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