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D’encre, de verre et d’acier - Avis +
Onirik -> Littérature -> Jeune adulte -> Dernière mise à jour : le vendredi 15 février 2019.

En refermant le livre, on se prend à regarder sa bibliothèque en se demandant ce qui se passerait si les personnages imaginaires disposaient de leur libre-arbitre et pouvaient s’en échapper… et on peut avoir envie d’enfermer les romans de Stephen King dans un coffre bien solide !

Pour un premier roman fantastique, c’est un fantastique premier roman ! Un vrai rêve de lecteur, ce roman où les livres sont des portes et des mondes.



Editeur : Lumen

roman de Gwendolyn Clare

Présentation de l’éditeur

Et si on pouvait vraiment créer un monde avec de l’encre et du papier ? Avec la bonne plume, le bon papier et en respectant des règles complexes, il est désormais possible de voir naître sous ses doigts un nouveau monde. Cette nouvelle branche de la science, la scriptologie, connaît deux adeptes hors du commun : Jumi da Veldana et sa fille Elsa sont nées, comme l’univers d’où elles viennent, sous les doigts d’un scriptologue. Mais elles se sont révoltées et ont elles-mêmes appris, à leur tour, les secrets de cet art, et repris le contrôle de leur petit paradis.

Leur bonheur ne dure pas : Jumi cache un noir secret et disparaît, enlevée sous les yeux de sa fille, qui doit s’aventurer dans le monde réel pour retrouver sa trace. Des canaux d’Amsterdam aux rues du Pise, elle finit par trouver refuge dans une véritable " maison de fous " appartenant à l’ordre d’Archimèdes, c’est-à-dire une institution où scriptologues, alchimistes et mécaniciens peuvent venir se mettre à l’abri, étudier et travailler en compagnie d’autres scientifiques. C’est aussi un pensionnat, dont les élèves l’observent avec beaucoup de curiosité – au premier rang d’entre eux, Léo, un mécanicien de génie, avec qui sa rencontre fait des étincelles. L’aide promise à Elsa par l’ordre tardant à se concrétiser, la jeune fille décide de prendre les choses en main. Et ce n’est pas peu dire. Car Elsa, elle aussi, dissimule un secret...

Saura-t-elle réparer par l’écriture un univers devenu fou ? Elsa va devoir apprivoiser les règles de ce nouveau monde et se faire à la complexité des relations humaines si elle veut parvenir à retrouver la trace de sa mère. Passé tragique et ténébreuses conspirations, mondes de poche et armes ultimes : suivez cette héroïne armée d’encre et de papier dans une aventure pleine de charme et de suspense !

Avis de Thérèse

Créer des univers avec de l’encre et du papier, après tout, c’est bien ce que font les auteurs, et ensuite les lecteurs. Mais Gwendolyn Clare a su imaginer, pour son premier roman, un univers dans lequel les scriptologues sont capables d’écrire des livres-mondes contenant de véritables univers. A Veldana, l’un de ces univers, Jumi et sa fille Elsa maîtrisent elles aussi la scriptologie. Quand Jumi est kidnappée, Elsa part à sa recherche en passant dans le monde réel, dans l’Europe de la fin du 19e siècle, à Paris, Amsterdam, Pise…

Elle y trouve des "aliénés", qui sont les personnes ayant un don pour la scriptologie, l’alchimie ou la mécanique. Rares sont ceux doués pour plusieurs de ces matières, et ils sont recherchés par les gouvernements qui voudraient les utiliser. C’est le cas d’Elsa. Dans la maison de fous où elle trouve refuge, Elsa fait la connaissance de Léo, Porzia, Faraz. Ensemble, ils vont se lancer dans l’aventure, en passant de livre en livre, tout en faisant l’apprentissage de l’amitié, la vérité, la loyauté, la famille, la réalité.

Gwendolyn Claire nous entraîne à travers un dédale d’ouvrages qui permettent de passer d’un univers à un autre : livres-mondes, livres-de-traverse, livres-notices, livres traqueurs, livres laboratoires. Une aventure complexe de par ses différents univers, mais servie par une écriture très fluide, qui se lit très rapidement. L’une des originalités du texte est que les personnages ne sont pas dotés de pouvoirs magiques mais ont la capacité de créer des objets ou matières magiques (livres, machines, potions).

Américaine, l’auteure a néanmoins choisi de donner à son roman des fondations solides à la fois sur la littérature française et sur l’histoire italienne. Le scriptologue/auteur de Veldana s’appelle Charles Montaigne (on ignore, du moins dans ce premier tome, s’il est un descendant de Michel de Montaigne) et la connaissance des classiques français va être utile aux héros. L’aventure italienne est une extrapolation sur l’unification italienne, un des personnages est un descendant de Garibaldi.

Destiné initialement à un public jeune adulte, D’encre, de verre et d’acier peut cependant séduire une audience bien plus large. Les références littéraires et historiques sont bien présentes, mais si elles peuvent échapper à certains des plus jeunes lecteurs, cela ne gêne en rien la lecture très fluide et foisonnante.

En refermant le livre, on se prend à regarder sa bibliothèque en se demandant ce qui se passerait si les personnages imaginaires disposaient de leur libre-arbitre et pouvaient s’en échapper… et on peut avoir envie d’enfermer les romans de Stephen King dans un coffre bien solide !

Pour un premier roman fantastique, c’est un fantastique premier roman ! Un vrai rêve de lecteur, ce roman où les livres sont des portes et des mondes.

Et pour conclure cette critique très positive : la couverture est magnifique.

Fiche technique

Format : broché
Pages : 472
Editeur : Lumen
Sortie : 3 mai 2018
Prix : 15 €


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