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Futbol - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le samedi 30 mai 2020.
Editeur : Allary

essai de Régis Genté et Nicolas Jallot

Présentation de l’éditeur

Trop grande, trop froide, trop isolée, la Russie n’était pas faite pour le football. Et pourtant, dès qu’il a rebondi sur la terre russe, le ballon rond a fait mieux que s’acclimater. Il est devenu l’objet d’une fièvre populaire que le Kremlin, de Staline à Poutine, cherche à instrumentaliser.

Trop grande, trop froide, trop isolée, la Russie n’était pas faite pour le football. Et pourtant, dès qu’il a rebondi sur la terre russe, le ballon rond a fait mieux que s’acclimater. Il est devenu l’objet d’une fièvre populaire que le Kremlin, de Staline à Poutine, cherche à instrumentaliser.

Beria était le patron du KGB, mais aussi le parrain des équipes du Dynamo de Moscou et Tbilissi, faisant de ces clubs les instruments d’une lutte sans merci contre " l’équipe du peuple ", celle du Spartak Moscou. Pendant des décennies, deux clans se sont affrontés et tous les coups étaient permis, jusqu’à la déportation au Goulag des meilleurs joueurs de l’équipe adverse. En Russie, le football est un sport de combat politique : dès les premières rencontres à Saint-Pétersbourg qui avaient de furieux airs de lutte des classes ; lors du " match de la mort " du 9 août 1942, opposant Ukrainiens du FC Start et nazis de la Luftwaffe ; dans la façon dont le régime mit en scène ses vedettes comme Lev Yachine ; avec le football " scientifique " qui conquit le monde pendant la guerre froide ; dans le rapport qu’entretiennent les oligarques avec ce sport, et jusqu’à l’organisation éminemment politique du Mondial 2018.

Fourmillant d’anecdotes mettant en scène grands leaders et champions soviétiques, ce livre raconte davantage qu’un siècle de football : il décrypte le pouvoir russe à travers le prisme du ballon rond.

Avis de Mehdi Ouechtati

Des portes de la Volga au delta du Niémen... Le ballon rond de l’Empire russe aux états socialistes. Voici le sujet de l’essai de Régis Genté et Nicolas Jallot. Un livre qui mérite d’ère partagé pour un sujet si peu étudié. Le football en Russie, le football sous les régimes soviétiques.

Ce livre commence par aborder l’apparition du football et comme partout sur la planète, ce merveilleux sport a été importé par les Britanniques dans les ports comme au Havre ou Gênes. Puis, il est apparu dans l’ancienne ville des tsars et berceau de la révolution russe : Saint-Pétersbourg.

Le jeu de ballon a connu un rapide succès populaire, en particulier dans la capitale, et, suite à la révolution russe, sa propagation ne s’est pas ralentie parmi les soviets. Au contraire, certains dirigeants y ont vu le moyen de peser au sein de l’état, comme Lavrenti Beria et son Dynamo de Tbilissi qui a connu la gloire au rythme de l’ascension politique du ministre de l’Intérieur, le NKVD.

On a su très tôt identifier les rivalités entre les clubs de la capitale. Le Spartak Moscou, dont les frères Sarostine sont considérés comme les pères du foot russe, Le Dynamo, du club de police, le CSKA, de l’Armée rouge et enfin le Torpedo club du syndicat de la métallurgie.

Les champions ont souvent été désignés, non pas sur le terrain, mais plutôt par le message politique (ou propagande) envoyé au travers de ce titre, comme en témoigne l’émergence du CSKA Moscou, au lendemain de la guerre qui en fait aujourd’hui encore le plus grand club de Russie. Ou encore la victoire en coupe du Zénith Leningrad en 1944 après 900 jours de siège par la Wehrmacht. Sans oublier les arrestations arbitraires qui avaient souvent des motivations sportives et non juridiques.

La popularité du sport n’a jamais été démentie, du "match de la mort" en Ukraine à l’idéalisation de l’homo-sovieticus en Lev Yachine. Le foot s’est développé rapidement au point de remporter le titre au championnat d’Europe des Nations en 1960 et une quatrième place à la coupe du monde en 1966. Le championnat d’URSS a vu la domination sans contexte du Dynamo de Kiev, une compétition qui regroupait 26 équipes de 15 républiques socialistes.

La fin de l’Union soviétique et la dislocation des républiques socialistes et soviétiques ont amené l’apparition des oligarques dans ce milieu, comme l’étoile filante Anzhi Makhachkala, mais aussi le FC Kranodar qui en 10 ans est devenu une place forte du football russe et un prétendant sérieux au titre.

Tous ces projets ne peuvent se faire sans l’approbation du maître du Kremlin, Vladimir Poutine, qui reste un fervent supporter du Zénith Saint-Pétersbourg. Un club qui, depuis la chute de l’URSS, est devenu le phare de la Fédération de Russie avec son puissant sponsor : GazProm.

Le football, en Russie, est donc devenu une véritable arme politique, pour mieux gérer les situations critiques comme en Tchétchénie ou le Terek Grozny, devenu la meilleure arme de communication du violent Ramzam Kadyrov. Enfin, la Russie a réussi le coup de maître d’accueillir la plus célèbre des compétitions sportives, la Coupe du monde de football (2018) et ses trois milliards de téléspectateurs !

Un tournoi où la Russie a réussi a canaliser le ravage du hooliganisme associé au racisme dans les stades. Malgré le fait que ces fléaux restent très présents au niveau national, mais pas seulement... Car l’amour d’un club a amené, en 2006, trois supporters à effectuer les 9 500 kilomètres les séparant de leur but, en auto-stop, pour assister à un match.

Voilà un livre instructif, pour tous les amoureux du football !

Fiche Technique

Format : broché
Pages : 240
Editeur : Allary
Sortie : 31 mai 2018
Prix : 19,90 €

L'auteur Mehdi Ouechtati
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