Onirik
La Dissidente destinée : tome 1 - Avis +/-
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le samedi 10 août 2019.
Éditeur : Les éditions Persées

roman de Charlotte Gaborieau

Présentation officielle

Recherchée par des troupes sanguinaires avant même sa naissance, Analea Stedlana découvre que sa vie est une véritable bombe à retardement. Condamnée par une fatalité tristement ficelée, elle mène une aventure contre les forces vengeresses et brave les murs censés séparer les créatures de son monde, avec l’espoir de se libérer des superstitions du destin.

Une bonne aventure pourrait faire basculer son monde mutilé dans la réparation ; une simple mésaventure le fera sombrer dans l’horreur. Dissidente enchaînée à son sort, aura-t-elle raison des mots qui ont déjà planifié sa vie et celle de milliers d’autres créatures ?

Avis de Chris

Anaela se réveille dans l’eau, amnésique. La seule chose dont elle se souvient est son nom et son âge. Sauvée par un certain Aeron, un cavalier mystérieux, elle va découvrir le monde dans lequel elle vit. Peu de temps après ce sauvetage, une horde de Traqueurs s’en prend à eux. Après un combat magique intense, Anaela et Aeron réussissent à s’échapper de peu, et arrivent quelques temps après dans une cité inconnue où la jeune fille apprend qu’elle est l’Arme ou l’Espoir selon chacun. Commence alors pour elle, une grande aventure semée d’embûches.

La dissidente destinée ou la première mésaventure d’Anaela Stedlana est le premier livre de la romancière Charlotte Gaborieau. C’est également le premier tome d’une saga dont on ne connaît pas le nombre exact de volumes prévus. Seulement, cette première histoire a une intrigue en dent de scie. Trop d’événements ont lieu avec bien trop peu de description. D’un paragraphe à un autre, sans transition, il peut s’écouler plusieurs jours, voire plusieurs mois. En soi, ce n’est pas dérangeant, si ce n’est qu’ici, le trop peu de description de lieux amène invariablement à de la confusion.

Pour un roman fantastique, il est difficile d’entrer dans l’univers. Les bâtiments, les villes, les différents secteurs ne sont décrits que par des touches de paysages semblables aux nôtres. Or, ce que le lecteur a envie de côtoyer c’est une société ou une culture diversifiée, décrite et qui semble grouiller de vie. Ici, on a l’impression que le décor n’est fait qu’en papier cartonné, tout juste là pour dire que les personnages sont bien à des endroits donnés. Alors, le lecteur aura tendance à s’imaginer dans un univers proche de celui-ci déjà connu, comme un Tara Duncan [1] ou un Sorceleur [2], par exemple, selon les lieux et événements.

Le lecteur peine à suivre cette aventure, pourtant foisonnante de bonnes idées. Ce fait est dû en grande partie à des personnages qui ne sont que des coquilles vides. Avec très peu de dialogues à leur actif, les individus ne semblent pas vivre pour eux-mêmes, mais pour n’être que des pions placés çà et là pour le bien de l’histoire.

Pire, pour certains, seul leur statut les définit. On ne connaît ni leur corpulence, ni leur âge, leur style vestimentaire ou leur famille. Les cavaliers en sont le parfait exemple, à part Aeron. Ce phénomène est d’autant plus marqué lorsque certains disparaissent ou meurent. Il n’y a aucun sentiment d’attachement qui se fait au cours des pérégrinations de la jeune héroïne, alors il est compliqué d’être angoissé ou peiné pour eux.

De plus, il y a trop peu de nuances. Les antagonistes sont méchants et les protagonistes sont gentils, rien de plus, rien de moins (à part, encore une fois, Aeron). Il n’y a pas d’ambiguïté, comme lors des rares descriptions de personnages. Ils sont soit beaux, soit laids.

L’aspect le plus dommageable vient d’Analea elle-même. Elle est, certes, amnésique, mais elle reste un pantin de chiffon qui est incapable de donner envie au lecteur de parcourir le monde qu’elle est censée découvrir avec nous. On ne lui demande jamais, ou presque, son avis et, de toute façon, elle ne semble pas en avoir. Elle suit naïvement Aeron et son groupe sans se demander s’ils ont réellement de bonnes intentions la concernant.

Anaela a le droit de douter, d’être perdue, de crier sa détresse, de se poser des questions sur son statut, sur sa vie. Or, elle reste une "arme" qu’on balade au gré des envies. Tous ces aspects montrent que l’héroïne est un pion au service de l’intrigue sans pour autant qu’elle en soit actrice. Le lecteur a envie de la secouer et de lui sommer de réfléchir un peu ! A 17 ans, les adolescents ne sont pas bêtes, loin de là.

En revanche, dès que l’héroïne arrive dans le secteur des centaures, le livre prend enfin de l’ampleur. C’est, par ailleurs, surprenant. Le style d’écriture change presque du tout au tout à partir de ce passage-là. En effet, quelques descriptions intéressantes pointent leur nez, approfondissant enfin un univers unique. De plus, les personnages secondaires ont une véritable substance, au point où leur vie nous importe plus que celle des personnages principaux. Les événements ne s’enchaînent plus aussi vite et les lieux sont plus propices à l’observation. Quelques bonnes idées viennent agrémenter la lecture, comme la mirétoile, sorte de téléphone portable avec le réseau étoilé, par exemple.

La multitude de personnages à gérer a dû compliquer la tâche de l’auteur. Ce roman aurait dû être scindé en plusieurs, car il se passe beaucoup trop de choses en à peine 350 pages. Un année entière s’écoule, pour se terminer sur un cliffhanger trop audacieux pour un premier roman. Habituellement, le début de la saga s’ouvre sur une histoire qui présente les personnages, l’univers, la magie s’il y en a, les différents lieux. Or, ici, on a l’impression d’avoir loupé quelque chose, de manquer de détails.

Bien que La dissidente destinée ou la première mésaventure d’Anaela Stedlana arrive à nous intriguer sur la deuxième moitié du roman, il sera difficile de se lancer dans la suite sans une appréhension compréhensible. Le peu de résultats quant aux nombreuses questions posées frustre grandement le lecteur qui se sent presque floué à la fin.

Enfin, l’écriture manque de vocabulaire, mais reste agréable à lire si on omet les détails manquants et le fait que les personnages soient avare de dialogue. On peut, toutefois, féliciter l’auteur. Bourrée d’imagination, elle a créé une langue à part entière à la manière d’un James Cameron sur Avatar. Pour un premier essai, ce n’est pas trop mal. Espérons que la suite sortira et que l’auteur continuera à s’améliorer au fil de son écriture.

Fiche technique

Format : broché
Pages : 368
Éditeur : Persée
Sortie : 7 mai 2019
Prix : 22,90 €

[1] saga littéraire de Sophie Audouin-Mamikonian

[2] saga littéraire de Andrzej Sapkowski

L'auteur Christelle Rio
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du 15 au 22 octobre 2019


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