Onirik
La Papeterie Tsubaki - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le lundi 24 septembre 2018.

Un roman superbe, par l’autrice du Restaurant de l’amour retrouvé.



Editeur : Philippe Picquier

roman de Ito Ogawa

Présentation de l’éditeur

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.

Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de v ux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.

Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre des réconciliations inattendues.

Avis d’Emilie

On entre dans ce roman comme on voyage : des étoiles dans les yeux, et un air de dépaysement complet.

Très poétique, et pourtant très simple, ce roman nous emmène sur les traces de Popo. Cette jeune femme est partie à l’étranger pour étudier et se séparer un peu de sa grand-mère qui l’a élevée. Malheureusement, celle-ci est morte alors que Popo était absente.

Aujourd’hui, Popo revient dans sa ville natale et reprend la papeterie dont elle a hérité. Sous ce nom de papeterie, on retrouve le magasin classique, qui vend des fournitures scolaires et de bureau, mais aussi le statut d’écrivain public, qui est lui très différent de ce qu’on connaît en France. En effet, on s’adresse à elle pour écrire des vœux, ou répondre à des lettres.

Mais au Japon, on fait les choses bien. Il faut choisir le papier, le stylo ou le pinceau, l’enveloppe, le timbre... en plus du contenu de la lettre bien sûr ! C’est tout un art. Et ce qui est adorable et plaisant, c’est que les lettres sont publiées dans le roman (traduites mais aussi en japonais), ce qui donne un étrange sentiment de réel. Parle-t-on bien d’un roman ou est-ce un témoignage ? Le fait que le livre soit écrit à la première personne laisse douter le lecteur.

Et ces lettres ! Ce sont de véritables bonbons. Rupture, déclaration d’amour, refus de prêt, vœux de nouvelle année... Elles ont un goût d’ailleurs acidulé et délicieux. On rira même franchement devant la lettre de refus de prêt. Le ton nous est totalement étranger, c’est le choc des civilisations.

Comme très souvent avec la littérature japonaise, on ne trouvera pas réellement ici de début, climax, et fin. Il s’agit simplement d’un an d’une vie, où une jeune femme va connaître des bouleversements. Elle découvrira bien des choses à propos de sa grand-mère et de son héritage, elle devra réfléchir à son enfance, se faire de nouveaux amis. Ce manque de fil conducteur, s’il est visible, n’est absolument pas ennuyeux. Il se passe beaucoup de choses, notre héroïne même en est un peu étourdie.

La galerie des caractères qui nous est offerte est éblouissante. Ces personnages deviennent nos voisins et amis. On les aime tous, chacun à sa façon.

Ce roman est une perle, une véritable pépite qu’il faut absolument lire. On le finit et on est un peu plus heureux qu’avant.

Fiche technique

Format : broché
Pages : 374
Éditeur : Philippe Picquier
Collection : Grand format
Sortie : 23 août 2018
Prix : 20 €

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