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La fin des elfes 2 - Episode 3
Onirik -> Littérature -> Textes proposés -> Dernière mise à jour : le samedi 14 décembre 2013.

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La fin des elfes, tome 2 : Le guérisseur philosophe

Le deuxième épisode est disponible ic

Troisième épisode

Il ne connaissait pas les environs, mais savait qu’il leur fallait trouver un abri. Ils étaient dans une zone légèrement montagneuse, aussi supposa-t-il que s’il marchait en suivant la montée de terrain, il finirait par tomber sur une avancée de roche qui les abriteraient de la pluie. Il n’osait pas trop espérer trouver une caverne ou une grotte. Ce serait trop demander.

La pluie devint diluvienne. Des trombes d’eau s’abattaient sur eux, et l’elfe inconscient commençait à trembler. Pas un bon signe. Les elfes n’étaient normalement pas sensibles aux éléments. Sauf en état de choc, qui ne pouvait être occasionné que par un empoisonnement ou une blessure sérieuse. Ou un chagrin.

Mais le sang qui gouttait dans son dos faisait paraître peu probable l’hypothèse d’une blessure morale. Il aurait bien voulu se rapprocher de Vancia, mais il n’avait aucune idée du sens où aller pour rejoindre la Cité. Ils avaient couru trop vite, en ayant trop peur, et Olias avait perdu tout sens de l’orientation.

La pente était raide maintenant. L’effort était devenu pénible. Mais il fut récompensé : un creux dans la montagne se profilait. Il espéra très fort que c’en serait vraiment un, pas juste une ombre. Mais plus il s’approchait, plus le creux se confirmait. Ce n’était pas profond, mais ça suffirait pour les protéger de la pluie et du vent. Ce qui était déjà beaucoup.

Olias déposa son fardeau sur le sol. Il ôta sa cape, la replia en deux dans le sens de la largeur, l’étala sur le sol, et coucha l’inconnu dessus, pour l’isoler au maximum du froid. Il sortit ensuite de sa besace qui ne le quittait jamais quelques plantes désinfectantes, du fil une aiguille, et se rendit compte qu’il n’avait rien pour rendre son matériel stérile. Il se frotta l’arrête du nez.

Sortir chercher du bois, faire un feu, faire fondre de l’eau... Tout cela prendrait du temps, et de toute façon le bois serait tellement détrempé qu’il serait impossible de l’allumer. Il n’aimait pas non plus l’idée de laisser seul le blessé. Les Dieux savaient quels animaux erraient dans le coin. Tant pis. Il allait parer au plus pressé, et il traiterait l’infection plus tard, si elle se déclarait.

Il enfila le fil de soie dans le chas de son aiguille, la coinça entre ses dents pour éviter de la poser par terre, releva la tunique de son patient, et prit le temps d’observer la blessure avant d’agir. C’était vraisemblablement la trace d’un coup de fouet. Un unique, pas très profond. Les bords étaient bien nets, bien propres, et la plaie ne saignait presque plus.

S’il avait été dans une salle de guérison, et non pas dans cet ersatz de caverne, il n’aurait sans doute pas fait de points de suture. Mais là, c’était nécessaire. Il s’appliqua. Il fallait que ce soit réalisé avec rigueur, pour éviter l’infection, et surtout, que la blessure ne se rouvre pas. Le blessé ne broncha pas. Quand ce fut fini, Olias nettoya le sang avec un peu d’eau de sa gourde. Il se dit qu’il pourrait toujours boire de la pluie s’il venait à manquer d’eau. L’eau n’était pas vraiment un problème dans cette contrée.

En attendant, il devait réchauffer son protégé. Il se cala le dos contre la paroi, le plus confortablement qu’il put, et installa l’elfe contre lui, s’arrangeant pour respirer dans sa nuque. Ainsi, il soufflait de l’air chaud sur les veines de son coup, et permettait au sang de diffuser la chaleur ainsi transmise. Le rythme régulier et tranquille de sa respiration le rendit bientôt somnolent.

Ce fut l’agitation de l’elfe dans ses bras qui le réveilla. Il se sentit désorienté. Puis il se rappela tout : les hommes, l’elfe blessé, la fuite, la grotte... Il posa la main sur le front de son patient et jura à voix basse : il avait de la fièvre, et donc une infection. Il devait vérifier la plaie, mais devait d’abord rassurer l’elfe.

« Calmez-vous, je ne vais pas vous faire de mal !
L’autre ouvrit les yeux et dévisagea Olias. Il fronça les sourcils.
- Je m’appelle Olias, je suis guérisseur. Comment vous appelez-vous ?
- Nassë...
- Nassë ?

Ledit Nassë eut un faible rire :
- Oui. Mes parents m’ont choisis un prénom vraiment idiot.
- J’ai connu un Hràvan... Nassë rit encore, mais son rire se transforma vite en toux.
- Nassë, vous êtes blessé. Je vous ai recousu mais je n’avais de moyen de désinfecter mon aiguille, ça doit venir de là. Je vais vous pencher en avant et regarder votre plaie. Olias s’exécuta, mais constata que non, la plaie n’était ni rouge ni enflée. Il réfléchit une minute, un peu interloqué. Il finit par avoir une idée, et celle-ci ne lui plaisait pas.
- Nassë ? Comment vous sentez-vous ? Avez-vous mal quelque part ?
- Dans le cou , gémit l’elfe. Olias souleva ses cheveux, et inspecta la peau. Il jura à nouveau. On voyait clairement une excroissance rouge, d’où suintait du pu. Du poison. Injecté par un dard. Mais pourquoi n’avait-il pas vérifié tout le corps, comme il le faisait à chaque fois ?
- Nassë... Je dois faire sortir le poison. Ça va faire vraiment mal. Olias saisit quelques feuilles aux propriétés calmantes et les fit mâcher à Nassë. Dès qu’il fut somnolent, Olias sortit un chiffon propre de sa besace, et pressa le furoncle. Du pu, du sang et enfin un liquide malodorant bleuâtre s’échappèrent de la blessure.

Nassë criait et se débattait faiblement, mais Olias avait une prise ferme et il ne put s’échapper de ses bras. Quand enfin il ne resta que du sang, clair et bien liquide, Olias appliqua un onguent sur le cou de Nassë, et le berça doucement. Son patient finit par s’endormir, et prit dans le mouvement répétitif, Olias aussi.

Olias se réveilla en premier le lendemain matin. Une étrange lumière éclairait la caverne. Olias mit un petit temps avant de réaliser qu’un rideau blanc obstruait la sortie. Il déposa avec soin Nassë sur la cape, et alla voir. Ça semblait léger, et froid. Il toucha. La substance blanche se transforma en eau sur ses doigts. De la neige ! Il n’en n’avait jamais vu.

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