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Le Vertige des falaises - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le samedi 29 juillet 2017.

Encore une réussite que ce roman de Gilles Paris qui ne laisse pas indifférent... L’histoire de Marnie, une adolescente aussi sauvage que l’île perdue sur laquelle elle habite, entourée de lourds secrets familiaux...



Editeur : Plon

roman de Gilles Paris

Présentation officielle

Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au cœur d’une imposante maison de verre et d’acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l’île tout entière. Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis. Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s’en libérait enfin ?

Après son best-seller Autobiographie d’une Courgette, adapté au cinéma par Claude Barras (Ma vie de Courgette), récompensé par deux César et sélectionné aux Oscars, Gilles Paris signe ici un émouvant roman choral qui se lit comme un thriller et se dévore comme une grande saga romanesque.

Avis d’Artémis

Gilles Paris est un auteur qui a su toucher Onirik (que ce soit avec Au pays des kangourous, Autobiographie d’une courgette ou encore L’été des lucioles). Il réussit à retrouver le ton de l’enfance, tout en plaçant ses personnages dans des situations douloureuses (notamment face au deuil), toujours avec tendresse et intelligence.

Là encore, le pari est réussi. Le vertige des falaises est un roman remarquable, maîtrisé. Mais par les thèmes qu’il aborde, par la complexité des sentiments, il n’est pas confortable, il dérange, il perturbe, il émeut. Pas d’attachement spontanément à l’héroïne non plus, elle est mystérieuse, on ne sait trop quoi en penser. On sent le poids des secrets dissimulés dans la famille, révélés au fur et à mesure…

Gilles Paris quitte ainsi l’enfance pour se confronter à l’adolescence. Marnie, l’héroïne au prénom hitchcockien, semble être aussi sauvage que la petite île sur laquelle elle vit. Le roman s’ouvre sur l’enterrement de son père, la même année que celui de son grand-père paternel. Il s’ouvre sur ces mots : « Papa est mort. Je devrais avoir du chagrin, je n’en ai pas. » Son père, elle s’en souvient comme d’un homme absent, qui laissait sa mère en pleurs pour repartir sur le continent jouer au casino. Il est mort d’un accident de voiture, une nuit, il s’est écrasé aux pieds des falaises. Sa mère, Rose, ne quitte plus sa chambre, dévorée par un cancer du pancréas.

On ne sait que penser de l’adolescente de 14 ans : « Je peux être méchante. J’enfonce un compas dans le ventre du fils du pharmacien pour mieux le connaître. » Elle s’allonge à côté de sa mère malade, baskets sales aux pieds, mais le cœur renversé par les souvenirs de celle-ci riant aux éclats en pleine forme. «  Tout ce malheur, c’est beaucoup pour moi parfois, alors je disparais comme un fantôme. Mais je sais qu’en revenant Rose sera là. Elle ne peut plus s’enfuir. De toute façon, elle en a toujours été incapable. (…) Le docteur Géraud dit que le cancer ne peut pas guérir. (…) Glass [la maison de famille] est devenue son caveau. » Elle porte un regard acéré et critique sur sa famille, ses proches. Heureusement elle a son amie aveugle Jane, sa sœur de cœur, avec qui elle partage son goût des promenades sur les falaises, frôlant le précipice.

L’auteur installe une atmosphère oppressante, fidèle à Hitchcock ou à Agatha Christie (qu’il cite dans une note en fin d’ouvrage). Ses descriptions de l’île la rendent vivante tout en créant une ambiance de huis-clos. D’ailleurs, la maison «  tout en verre et en acier » de la famille Mortemer, Glass, qui tranche avec le paysage pittoresque et sauvage du lieu, semble un personnage à elle seule.

Le roman est structuré en chapitres très courts, principalement narrés par Marnie et sa grand-mère paternelle Olivia. Mais d’autres narrateurs (la fleuriste, le médecin…) s’invitent dans le récit, apportant un regard extérieur – différent et bienvenu – sur cette famille si particulière.

Cette fois encore, Gilles Paris n’a pas peur d’aborder des thèmes très lourds – la violence conjugale, la maladie, la mort –, mais sa plume le lui permet : jamais il ne tombe dans le pathos, la lamentation ou le jugement, ce qui est remarquable. Finalement, cela permet aux mots, à l’histoire et aux personnages de s’adresser directement au lecteur. À nous de nous faire notre opinion, avec nos parcours et nos émotions personnelles : par exemple nous rebeller face à l’indépendance de Marnie, sa violence parfois ou ce qui ressemble à de l’insolence, ou ressentir de la compassion pour cette adolescente bientôt orpheline.

Et rassurez-vous, les secrets vous seront révélés avant la dernière page !

Fiche technique

Format : broché
Pages : 256
Éditeur : Plon
Sortie : 6 avril 2017
Prix : 16,90 €


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L'auteur Artémis
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