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Michèle Mercier, l’insoumise - Avis +
Onirik -> Télévision -> Dernière mise à jour : le vendredi 16 mars 2012.

Un documentaire qui s’imposait, hommage à une très très grande dame du cinéma français.



Producteur : Egodoc

documentaire de Jean-Yves Guilleux (2012)

Présentation officielle

Pour la première fois Michèle Mercier a accepté que la télévision lui consacre un portrait dans lequel elle se retourne sur son passé.  Michèle Mercier pour tous c’est Angélique Marquise des Anges. Cinq films entre 1961 et 1968, multidiffusés à la Télévision et qui ont fasciné des générations de téléspectateurs.

Mais depuis les Angélique Michèle Mercier a quasiment disparu des écrans, si ce n’est une apparition remarquée dans Vénus Apollon produit par Tonie Marshall.

Dans ce documentaire, Michèle Mercier parle des Angélique, de cette folie qui a bouleversé sa vie et l’a propulsée au rang des stars à côté de Brigitte Bardot.

Elle nous parle aussi de son enfance à Nice et de sa passion de la danse dont elle voulait faire son métier. Les hasards d’une rencontre aux studios de La Victorine à Nice  et la voilà comédienne, commençant une carrière en France et en Italie, elle tourne avec Truffaut, Melville, Ettore Scola avant la tornade Angélique.

Elle part ensuite tourner aux USA avec Tony Curtis, Charlton Heston et produit quelques films qui la ruinent et l’obligent à rentrer en France.

Elle nous parle aussi de Michèle Mercier femme qui n’a jamais trouvé la stabilité auprès d’un homme et surtout qui n’a jamais eu d’enfant.

Michèle Mercier vit aujourd’hui à Cannes loin du show-business. Elle a toujours été indépendante et son caractère rebelle ne lui a pas fait que des amis.

Ce qui marque le plus dans la vie de Michèle Mercier c’est sa très grande générosité et elle a fait ce documentaire en toute liberté et sincérité.

Avis de Claire

Angélique, certes, mais pas seulement...

Impossible d’y échapper, dans la mémoire collective, Michèle Mercier, c’est Angélique, l’héroïne française la plus populaire, née sous la plume  d’Anne Golon, en 1957. Et bien évidemment c’est elle, mais elle est également tant d’autres choses. Là repose tout le paradoxe de sa vie, Angélique a fait d’elle une star et l’on a trop souvent associé son image à la seule Angélique.

On a oublié un peu vite que Michèle Mercier c’est aussi François Truffaut (Tirez sur le pianiste, 1959), Jacques Deray (Symphonie pour un massacre, 1963), Jean-Pierre Melville (L’Aîné des Ferchaux, 1963), Mario Monicelli (Casanova 70, 1964), Michel Audiard (Une veuve en or, 1969)... Tant de rôles qui ont eu le bonheur d’être incarnés par son merveilleux visage.

Michèle Mercier, un joyau du cinéma

Plus de quarante films, et cette habitude de ne la réduire qu’au rôle de la belle marquise. Michèle Mercier l’aime, ce personnage, elle la connait cette femme passionnée, elles se ressemblent, elle la sent dans sa chair et dans son coeur, d’ailleurs on n’aurait pu rêver meilleure actrice pour l’incarner,  même B. B. a regretté ce rôle. "Lorsque les gens s’adressent à moi, ils se réfèrent toujours à Angélique mais j’ai également interprété cinquante autres rôles féminins. J’ai longtemps essayé de l’oublier. Mais je la considère maintenant comme une petite sœur qui est perpétuellement à mes côtés et j’ai appris à vivre avec elle", écrit-elle dans Je ne suis pas Angélique [1].

De très nombreux autres films ont eu l’honneur de l’avoir au casting, et pas des moindres ! Justement, saviez-vous que Michèle Mercier a été l’une des égéries de Mario Bava, l’un des maîtres italiens du cinéma d’horreur et dont se revendique Tim Burton ?

L’excellent documentaire de Jean-Yves Guilleux revient avec nostalgie sur les films qui ont jalonné la carrière bien remplie de Michèle Mercier, l’actrice y va de ses petits commentaires, qui ne manquent ni de finesse, ni d’humour. Tony Curtis ? Drôle et adorable ! Charles Bronson ? A côté de la plaque ! Charlton Heston ? Il n’aimait pas qu’on l’embrasse ! Serge Gainsbourg ? Il ne parlait pas, il fumait ! Avec elle, on se replonge avec délice dans un âge d’or du cinéma mondial.

Michèle Mercier, comédienne malgré elle

Entre confidences et anecdotes, Michèle nous raconte sa vie, quelques  témoignages d’amis, émus et attachants complètent l’idée que l’on se fait d’elle, et qui se dessine peu à peu. Née Jocelyne Mercier le 1er janvier 1939 à Nice, dans une famille de pharmaciens, elle est passionnée par la danse. D’ailleurs, elle entre à l’école de danse de l’opéra de Nice comme petit rat à l’âge de 8 ans.

Tout à fait par hasard, elle est remarquée devant les studios de la Victorine à Nice, et elle interprète un petit rôle aux côtés de Maurice Chevalier dans le film J’avais 7 filles de Jean Boyer, en 1954.

À 17 ans, Michèle Mercier part pour la capitale pour rejoindre les ballets de Roland Petit, intègre une troupe de danse qui fait faillite, prend des cours de théâtre, part à Londres, revient et se lance enfin dans une carrière d’actrice. Après un petit rôle dans Retour de Manivelle de Denis de la Patellière, tout s’enchaîne... En France, en Italie, aux Etats-Unis... Jusqu’au point de non-retour, ou presque, à l’orée des années 70.

Une douleur dans le coeur

De sa vie privée, que l’on devine compliquée, et parfois trop cruelle avec elle, Michèle Mercier, n’a pas peur de parler.  Mais c’est avec beaucoup de pudeur et de tendresse qu’elle évoque certains passages à vide, la maladie, la trahison, la maternité qui n’est pas venue, la vieillesse ("Comme disait de Gaulle, la vieillesse est un naufrage ! ") toujours avec l’honnêteté et la lucidité qui la caractérisent.

Rose parmi les roses, elle n’a eu de cesse de donner sans compter, fidèle à sa nature franche et généreuse, c’est ainsi que ses proches la décrivent, parmi eux, les écrivains Lucio Attinelli et Marie-France de Monneron...

Et maintenant ?

Tout comme l’auteur de la série des Angélique, Anne Golon, Michèle Mercier a traversé bien des difficultés, et c’est justement pour cela qu’on l’associe si volontiers à ce personnage mythique, elle n’a jamais baissé les bras, même au coeur de la pire des tourmentes. L’amour du public l’a beaucoup aidée, comme elle aime à le rappeler.

On a pu la voir en 2011 dans Celles qui aimaient Richard Wagner [2] de Jean-Louis Guillermou, un biopic sur la  vie du grand compositeur, aux côtés de Jean-François Balmer, Arielle Dombasle et Roberto Alagna. Mais le film ne s’est pas vraiment fait remarquer, malgré une distribution hétéroclite, puisqu’on y retrouvait également le présentateur Stéphane Bern, dans le rôle de Louis II de Bavière.

Comment imaginer que cette femme si talentueuse, si belle et surtout si passionnée par son métier demeure encore plus longtemps écartée du chemin des plateaux de cinéma. Nul n’a oublié le vibrant discours de la magnifique Annie Girardot, en larmes à la cérémonie des César en 1996 : "Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français, mais à moi le cinéma français a manqué...follement, éperdument, douloureusement...".

Ces mots pétris d’émotion viennent inévitablement à l’esprit lorsque l’on pense au désir éperdu de Michèle Mercier de continuer à tourner, pour elle, tout comme cela l’était pour Annie Girardot, le cinéma est toute sa vie. Souhaitons-lui le meilleur des rôles, le plus beau, celui qui verra redémarrer l’une des carrières les plus exceptionnelles du cinéma français.

Merci à Egodoc, à Jean-Yves Guilleux et à toutes les personnes qui se sont battues pour que ce beau documentaire voit le jour, ne manquez pas sa diffusion le 7 mai 2012 sur Ciné+ Classic, en juin sur Paris Première et enfin, en octobre sur Stylia.

[1] Denoël, 2006

[2] Sorti le 9 novembre 2011


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L'auteur Claire Saim
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