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On l’appelle Jeeg Robot - Avis +
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le mercredi 3 mai 2017.

On l’appelle Jeeg Robot est un très bon film de genre qui apporte une originalité rafraîchissante, tout en surprenant par la construction des personnages et l’angle réaliste souhaité par le réalisateur. Viva Italia !



film italien de Gabriele Mainetti (2017)

Présentation de l’éditeur

Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo plonge dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive qui le contamine. Il réalise bientôt qu’il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles.

Du moins jusqu’à ce qu’il rencontre Alessia, une jeune fille fragile et perturbée qu’il sauve des griffes de Fabio, dit "Le Gitan", un mafieux déjanté qui a soif de puissance.

Témoin des pouvoirs d’Enzo, Alessia est persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, héros de manga japonais, présent sur Terre pour sauver le monde.

Mais Enzo va être forcé d’affronter Le Gitan qui veut savoir d’où vient cette force surhumaine. Parviendra-t-il à sauver la ville de la folie meurtrière de Fabio et être le super-héros qu’Alessia voit en lui ?

Avis de Valérie

Enzo, un voleur à la petite semaine, se fait courser dans Rome en Italie. Il trouve une cache, sur un petite péniche accostée sur le quai du Tibre, où il se dissimule aux yeux des flics à ses trousses. Mais il glisse et tombe dans l’eau entre plusieurs tonneaux arrimés à l’embarcation, contenant une matière noire et gluante.

Il arrive péniblement à rejoindre son appartement minable dans les cités du nord de la ville. Il est dans un sale état et vomit ce liquide noir qui l’empoisonne ; puis perd connaissance. Lorsqu’il se réveille, il recherche son voisin, un petit mafieux, pour qu’il lui donne du boulot. Sa fille, une très jolie femme, semble très perturbée à la limite du trouble psy, mais il finit par retrouver l’homme chez Fabio le Gitan, un caïd du coin.

Enzo et son voisin se rendent sur le lieu d’un rendez-vous pour le compte du Gitan, mais un accident qui aurait dû lui être fatal permet à Enzo de comprendre qu’il a des pouvoirs surhumains. De retour chez lui, il s’interpose masqué entre les hommes du capo et la fille du dessous qui l’identifie comme un super-héros japonais : Jeeg Robot [1].

On vous a raconté ici que le début, le scénario s’appuie sur un contexte de crise en Italie, entre manifestations, attentats et misère. On y trouve des codes de films de super-héros totalement détournés et une réalité forcée : cet anti-héros est vraiment un type normal peu ragoutant. Enzo, mange à tous les repas une sorte de crème dessert sans texture, regarde en boucle du porno et n’a aucune ambition. Il est clairement en perdition, comme ceux qui habitent ces tours lugubres et il ne va pas changer pour la simple raison qu’il a une force surhumaine et une capacité de régénération incroyable !

Si le personnage reste très mutique, autour de lui ça parle beaucoup ! Alessia a clairement de gros problèmes psychologiques, mais plus on avance dans l’histoire et plus on comprend pourquoi. Elle apporte une certaine innocence qui éclaire le futur de Enzo. Et puis il y a Fabio, ce chef de gang surnommé le Gitan (Zingaro).

Complètement dérangé, il passe de la froide cruauté à la folie délirante du sociopathe. Il apporte un recul bizarroïde, un humour loufoque qui n’aurait pourtant rien à faire ici. La réalisation permet une immersion intéressante dans la société italienne, car au final, au-delà des clichés, on connaît mal nos voisins transalpins.

De par un ton réaliste, cru et violent, la pellicule offre une ambiance qui n’a rien à voir avec les films du même type en provenance des States. Les détails sont ’sales’, en connexion avec ce que vivent les ’vrais’ gens. Bien sûr, il s’agit d’une fiction comme les Avengers, mais absolument pas idéalisée.

Si ce film est ambitieux, innovant, et sort facilement de ses frontières, on note quelques longueurs, pas ennuyeuses, mais qui poussent l’intérêt non pas sur l’action seule, mais sur les personnages, leurs psychologies, et leurs évolutions.

Attention, le film implique des scènes avec la camorra (mafia napolitaine) qui ne s’embarrasse pas des politesses lorsqu’il s’agit de rappeler à l’ordre des partenaires en affaires. Et même si Fabio n’en fait pas partie, sa propre folie est plutôt sanglante. L’interdiction aux moins de 12 ans est justifiée.

On l’appelle Jeeg Robot est un très bon film de genre qui apporte une originalité rafraîchissante, tout en surprenant par la construction des personnages et l’angle réaliste souhaité par le réalisateur.

Fiche technique

sortie 3 mai 2017

Durée : 118 minutes

Avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli...

Genres : fantastique

Interdiction : - 12 ans

[1] Jeeg Robot est un personnage de manga qui existe vraiment et a été diffusé en Italie et n’est pas sans nous rappeler Goldorak même si ce n’est pas le même personnage


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