Onirik
Q&A avec Tommy Caldwell et Kevin Jorgeson
Onirik -> Cinéma -> Interviews - biographies -> Dernière mise à jour : le vendredi 5 octobre 2018.
le samedi 29 septembre 2018

retranscription de Hirone

Suite à la projection du film-documentaire The Dawn Wall au Grand Rex, il s’est déroulé une session de questions-réponses avec les deux grimpeurs Tommy Caldwell et Kevin Jorgeson. Nous en avons fait une retranscription ; malheureusement, nous n’avons pas pu reproduire l’ensemble des questions et des réponses. Nous espérons néanmoins que vous apprendrez des choses de cette belle rencontre.

Tommy Caldwell (grimpeur) : C’est impressionnant, merci infiniment !

Présentatrice : Justement, nous sommes votre première ville en Europe, est-ce que c’est plus difficile de faire une tournée et présenter le film dans toutes ces villes européennes ou être pendant 19 jours sur le mur tout seul ?

Kevin Jorgeson (grimpeur) : Être ici est beaucoup plus intimidant, vraiment.

Présentatrice : Donc quand vous étiez sur la voie, on est aujourd’hui à l’heure des réseaux sociaux, il y a eu beaucoup de commentaires en direct. Est-ce que vous les avez suivis, est-ce que ça vous a influencé sur le mur ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : C’était difficile de lire les commentaires parce que ça a pris une telle envergure, qu’on n’avait plus vraiment le temps. Mais on a accepté quand même quelques appels et on a répondu à des courriels. Et puis j’ai fait tomber mon téléphone.

Kevin Jorgeson (grimpeur) : C’est la vérité, il a vraiment fait tomber son téléphone.

Présentatrice : Comment t’es-tu senti après ça ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : J’étais brisé, comme mon téléphone.

Présentatrice : Kévin, à la base, tu es un grimpeur de blocs, tu as dû beaucoup t’entraîner pour cette grimpe ? Pour préparer la transition entre le bloc et cette falaise ?

Kevin Jorgeson (grimpeur) : C’était vraiment très long et douloureux, ça me faisait souvent très peur. C’était comme si j’étais à nouveau un débutant. Quand on a commencé, j’étais à peine prêt. Je n’aurais pas pu le faire.

Présentatrice : Vous avez vécu avec les cameramen qui vous ont filmé. Pendant les moments difficiles comment ça s’est passé, comment avez-vous interagi avec eux ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Des personnes m’ont demandé comment ça se passait, ce que ça faisait d’avoir ces cameramen juste au-dessus. En fait, ils avaient déjà préparé tout le matériel, tout leur équipement pour que ce soit plus facile. Ils étaient ravitaillés assez régulièrement, alors ils montaient, descendaient.

Présentatrice : D’ailleurs comment était la vie au quotidien ? Sans parler de la toilette, etc.

Kevin Jorgeson (grimpeur) : C’est tellement intense quand on est en train de grimper. Il faut faire face au soleil, au vent, aux pierres qui tombent, au froid… Il y a des conditions très difficiles. Donc quand on se met dans le duvet la nuit, on est tellement bien, c’est tellement cosy.

Présentatrice : Tommy, à la fin, on découvre que le terroriste qui vous avait enlevé est encore en vie. Quand exactement l’as-tu appris et quel impact cette nouvelle a eu sur toi ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : On a appris ça 4 mois après les faits, que le ravisseur était vivant et en prison. C’était pour moi surtout un soulagement. Mais je me disais quand même que j’avais pris cette décision de tuer quelqu’un, je ne me sentais tout de même pas très bien.

Présentatrice : 6 ans ont passé et vous avez réussi cette voie. Comment ça s’est terminé ? Comment avez-vous vécu l’après coup, de ne plus avoir ce projet en tête du jour au lendemain ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : J’ai pu boire beaucoup. On avait un sentiment un peu mitigé, car oui, on avait réalisé notre rêve, mais ça a été suivi d’un grand vide. C’était une aventure tellement incroyable qu’il ne restait que le vide. On a manqué beaucoup de moments. Mais après, on était tout le temps occupé, car on était invité sur les plateaux télé. Mais ça a bien changé depuis, maintenant, j’ai deux enfants, je suis super heureux et ma vie est bien remplie.

Présentatrice : Comment ta fiancée a pris les choses au moment de l’aventure, car c’était dur et dangereux ? Je sais que maintenant vous êtes mariés et que vous avez un enfant, comment avez-vous géré cela ?

Kevin Jorgeson (grimpeur) : Elle n’a pas eu peur. C’était une grande supportrice. Elle a le vertige, mais elle a réussi à marcher et à nous rejoindre à un moment donné, il fallait grimper pas mal. Et elle m’a retrouvé au sommet, donc c’était vraiment la bonne personne.

Question du public : En France, nous on a Fontainebleau, est-ce qu’il vous arrive de grimper là-bas ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Eh bien oui, j’y grimpe parfois.

Kevin Jorgeson (grimpeur) : J’aimerais bien y grimper.

Présentatrice : Pendant ces six ans, vous étiez sur le mur, mais il y avait des périodes hors-saison, quels projets vous aviez pendant ces moments ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : J’allais à Fontainebleau *rires*. Je suis allé m’entraîner autour du monde, j’ai aussi fait beaucoup de blocs, car c’est très formateur. (KJ : J’ai fait la même chose.)

Question du public : Kevin, qu’est-ce que ça a fait d’avoir loupé la longueur 15 [1] ?

Kevin Jorgeson (grimpeur) : J’étais vraiment au milieu d’une tragédie. Je me suis entraîné pendant des semaines pour m’améliorer et je l’ai enfin passé.

Tommy Caldwell (grimpeur) : C’est un mensonge total, c’était sûr qu’il allait y arriver.

Présentatrice : D’ailleurs Kevin, peux-tu nous parler de ton projet d’association ?

Kevin Jorgeson (grimpeur) : Je pense qu’il permet de rendre le monde encore meilleur. J’espère que mon association pourra permettre d’emmener des jeunes grimper dans tous les États-Unis. De donner l’opportunité à des jeunes de découvrir l’escalade et d’y avoir accès.

Question du public : Comment ça s’est passé lorsque vous avez été blessé aux doigts ? Comment s’est passée la cicatrisation ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Ça fait bizarre de parler des blessures. Je me suis aussi fait mal à l’épaule, mais c’était tellement excitant, tellement grisant qu’on supporte tout.

Question du public : Quels sont vos projets après un tel exploit ? Avez-vous autre chose en tête ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Ah, non.

Question du public : Une route intérieure a été créée en Norvège ou en Suède, personne ne l’a jamais faite. Les meilleurs grimpeurs du monde s’y essayent, je me demandais donc si vous y aviez pensé ou pas ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Je n’étais pas au courant de cette histoire, mais ça peut être une bonne idée. Cependant, ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas envie de le faire.

Question du public : Vous avez apparemment installé des prises sur une partie de votre maison, est-ce que ça vous a permis de mieux vous entraîner, allez-vous en faire d’autres ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : C’est le seul que j’ai reconstitué sur le mur. Mais on a fait beaucoup d’autres entraînements spécifiques. J’ai collé des petits morceaux de bois, et j’ai essayé de m’entraîner dessus avec le bout des phalanges.

Question du public : Comment gérez-vous le mental pour ce type d’engagement, pouvez-vous nous en parler ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Le secret c’est d’être un bon grimpeur, d’y trouver beaucoup de plaisir. Il faut vraiment se convaincre que ce qu’on fait, c’est vraiment bien et du coup, on y arrive. Et puis c’est quand même un endroit magnifique aux États-Unis alors on se sent au bon endroit. On avait aussi un vrai objectif, on savait que c’était ce qu’on voulait atteindre.

Question du public : Pouvez-vous nous parler un peu plus de cette longueur 15 ?

Kevin Jorgeson (grimpeur) : Il y avait quatorze mouvements à faire, quatorze très compliqués.

Tommy Caldwell (grimpeur) : C’est dur car on pouvait passer une seule journée à réaliser un seul mouvement. Il fallait voir comment placer notre hanche exactement au bon endroit.

Question du public : Que pensez-vous du fait que l’escalade devienne une discipline olympique ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : Je pense que je vais vraiment y aller en tant que spectateur.

Kevin Jorgeson (grimpeur) : C’est super pour le sport, ça va inspirer de bons grimpeurs.

Question du public : Est-ce qu’il s’est passé quelque chose de spécial qui n’a pas été montré par le film ?

Tommy Caldwell (grimpeur) : C’est dur de tout dire, mais sinon, à la fin de l’ascension, les deux derniers jours il y a eu une chute de pierres qui a failli nous tomber dessus.

Projection dans des villes de province à partir du 8 octobre !

Billetterie

The Dawn Wall - Bande Annonce from Reel Rock France on Vimeo.

[1] Le mur est constitué de 32 longueurs (étapes).


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