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Q&A pour ’Kingsman : Le Cercle d’or’
Onirik -> Cinéma -> Interviews - biographies -> Dernière mise à jour : le vendredi 6 octobre 2017.
le jeudi 28 septembre 2017

avec Matthew Vaughn

Il est conseillé d’avoir vu le film pour lire cette session de questions-réponses, car certaines réponses ou questions font référence à des événements précis. Bref il y a du spoiler.

Session de questions-réponses après la projection du film Kingsman : Le Cercle d’or.

Question : Vous faites des films pour captiver, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire, de continuer à faire ça ?

Matthew Vaughn : Qu’est-ce qui me motive pour vous amuser ? Eh bien, dans les années 70, j’étais transporté par les films de comédie, les romances, et j’aime toujours ça.

Question : Qu’est-ce qui vous enthousiasme autour de cette franchise, autour de cet univers ? Vous n’aviez jamais fait ça avant.

Matthew Vaughn : C’est parce que c’est comme une famille. On travaille ensemble et on s’est beaucoup amusé. En général, les suites sont faites pour se faire de l’argent, nous, c’était principalement pour nous amuser. Et on voulait toucher également plus de personnes, beaucoup l’avaient demandé et du coup, on s’est lancés.

Question : J’ai une question sur la bande originale, dans la première scène on peut entendre une chanson de Prince. C’est quelque chose d’assez unique alors comment s’est passé la négociation pour les droits ?

Matthew Vaughn : C’était très difficile. Nous avons pris deux ans pour faire le film, au début du tournage, il y a malheureusement eu son décès. Je suis un grand fan et je me suis dit qu’on ne pouvait pas simplement mettre une musique complètement générique. Ainsi, pour cette séquence de poursuite, on avait le droit d’utiliser trois sections de la chanson. J’ai fait venir les ayant-droits et je leur ai montré la séquence avec la chanson, cela les a convaincu.

Question : Bravo pour cette suite. Avez-vous eu beaucoup de difficultés pour ne pas trop retomber dans les répétitions ? Comment avez-vous bossé avec Mark Millar pour trouver de nouvelles choses ?

Matthew Vaughn : C’est une continuité logique. Si on donne trop d’éléments du premier film, le public va se plaindre. Cette continuité, c’est ainsi suivre le parcours des personnages, voir leur propre histoire. Les rushes restants du premier film nous ont donné de la matière, et Mark a été présent tout le long pour nous donner des conseils. Il y a eu beaucoup de réflexions.

Question : Actuellement c’est un peu la mode des universe, avec le Marvel C. Universe, le DC Universe, etc. Du coup, peut-on penser qu’il y aura un mélange de l’univers Kingsman et Kick Ass, pour un Universe ?

Matthew Vaughn : Kick Ass aurait bien besoin d’un costume. Je travaille dans un chaos, dans un chaos organisé. Alors peut-être qu’un matin je me lèverai et j’aurais envie de le faire.

Question : Dans le premier film, on a eu en rôle du méchant Samuel L. Jackson. Quel est le procédé pour essayer de faire mieux que Samuel L. Jackson ? Comment pensiez-vous que l’actrice pouvait faire mieux ?

Matthew Vaughn : Je pense que c’est une erreur de penser à faire mieux. Ce n’est pas forcément le fait de faire un film plus cher, avec plus d’effets qui fonctionne. Je voulais là que le rôle du méchant ait un sens. Valentine se plaignait du réchauffement climatique, c’est un problème mondial auquel il apportait sa réponse. Du coup, j’ai pensé pour ce volet à une légalisation massive des drogues. Le personnage était là un hybride entre Margaret Bright et Margaret Thatcher, d’où la scène avec le hamburger pour la présenter. C’est un personnage que je trouve doux mais très fort également.

Question : Qu’est-ce que ça fait de réaliser un des films les plus attendus de l’année ?

Matthew Vaughn : C’est terrifiant. Mais c’est tout autant flatteur en même temps. On voulait faire ce film et j’ai eu la chance d’être rémunéré pour le faire. Quand j’étais gamin, on m’a dit que je travaillerai dans une banque ou dans un fast-food, ce n’est pas le cas. J’ai eu beaucoup de chance et ça continue.

Question : Une des grosses surprises du film c’est le caméo d’Elton John, c’est même plus qu’un caméo. Comment s’est passé le fait de travailler avec lui, et que pouvez-vous dire par rapport à son rôle ?

Matthew Vaughn : Je voulais le garder… Désolé, je voulais parler de Harry Hart [1], je ne voulais pas qu’on dise qu’il soit de retour. Cependant, dans les bandes-annonces, c’est là. C’est un problème pour le public, car ça gâche vraiment la surprise.

Ah pardon, je reviens sur la question. Pour Elton, je lui avais demandé de faire partie du film. Je l’avais déjà proposé pour le premier film, mais il avait refusé, puis il s’en est mordu les doigts. Du coup, pour le deuxième, il a dit oui. C’était un plaisir et on a passé des supers moments. C’est un peu la cerise sur le gâteau.

Question : Sur le processus de la violence, comment le niveau a été choisi ? Avez-vous visé un point pour un public adulte ou bien avez-vous baissé la barre pour que le public soit plus large ?

Matthew Vaughn : Croyez-le si vous le voulez ou non mais je n’aime pas les films violents ou la violence à l’écran. En fait, je me suis inspiré de Tom & Jerry. Il y a de belles chorégraphies, elles font rire, il y a de la musique et une danse. La violence est liée à la comédie et c’est ça qui est le mieux.

Question : Vous avez choisi de faire la suite de Kingsman, mais pas de faire la suite de Kick Ass, pourquoi ?

Matthew Vaughn : Pourquoi ne pas l’avoir réalisé ? Je pensais que quelqu’un d’autre pouvait tourner Kick Ass 2, mais au final non, ce n’était pas une réussite. C’est un peu fou de le dire, mais la violence ce n’est pas mon truc, elle n’était pas amusante là. Je me suis senti honteux pour le deuxième quand quelque chose n’allait pas. Quand quelque chose ne me plaît pas, je peux trouver toutes les raisons du monde pour ne pas le faire, or là, j’aime Kingsman.

Question : Pensiez-vous à l’époque que Kingsman allait aussi bien réussir ? Et si vous pouviez changer quelque chose à Kingsman : le Cercle d’Or, qu’est-ce que ça serait ?

Matthew Vaughn : Non. J’aurais été con de m’attendre à ce succès. Ça a vraiment dépassé toutes mes attentes. On pensait qu’on atteindrait les 150 millions de dollars pour le monde, que ça augmenterait à 250 millions pour le deuxième et on visait peut-être les 400 millions pour le dernier. Or, on a été agréablement surpris, car ça a dépassé toutes nos attentes. Mais je pense que c’est parce qu’on s’est amusés à le faire, et qu’on continue à se faire plaisir.

Ensuite, dans Le Cercle d’Or ? Il me faut deux ans de réflexion, car on a pris deux ans pour le faire. La plus grosse erreur, je dirais que c’était le fait qu’on avait à la base un produit de 3H40, du coup, il manque beaucoup de scènes au film final. Dans deux ans, si vous me reposez la question, je pourrais vous dire, car j’ai encore trop la tête dedans. Peut-être un problème de montage, c’est un processus difficile. Posez-moi la question quand le troisième sortira.

Question : Comment passez-vous des cascadeurs aux acteurs lors des scènes d’action ? Quelles complexités ça a ? Et est-ce que les acteurs ont subi un entraînement spécial ?

Matthew Vaughn : En fait ça dépend de l’acteur. Dans la séquence du taxi londonien, il n’y avait que des hommes. Taron Egerton[ a reçu un bon coup de poing dans la figure et ses lunettes ont volé. On a vraiment dû faire en sorte que ça ne se voit pas qu’il ait mal à ce point. Il y a des acteurs un peu comme Tom Cruise qui veulent faire toutes leurs cascades, certains veulent tout faire. C’est une source d’excitation. Or, il y a d’autres acteurs qui veulent [Eggsy dans le film]] raconter une histoire, et font tout ce qu’il peuvent tant qu’ils se sentent en sécurité.

Concernant un entraînement spécial, oui absolument. Si vous leur demandez, ils vont se plaindre et grogner. Le mouvement de caméra et les chorégraphies, on est obligés de le faire avec les cascadeurs, mais aussi avec les acteurs. Ils recommencent et recommencent tant que ce n’est pas bon, et il leur arrive de se faire mal. C’est comme pour Colin Firth, au bout d’un moment, il court et un chien lui attrape la jambe. Il s’est littéralement étalé et s’est blessé au poignet. Mais du coup, ils sont vraiment obligés de s’entraîner très durement.

Question : Vous venez de parler d’une version de 3H40. Est-il possible qu’il y ait une version longue du film ? Et par rapport au troisième film, y aura-t-il de nouveaux personnages, pensez-vous d’ailleurs qu’une extension de l’univers est possible ?

Matthew Vaughn : Il y aura peut-être une version longue, comme par exemple la séquence flash-back du dîner. On avait tourné cette scène lors du premier film. Il y a aussi une histoire d’amour amusante entre Merlin et Ginger, du coup ça serait bien de la réintroduire. On avait vraiment beaucoup de choses.

Concernant le troisième film, ça sera dans la continuité des personnages. Maintenant, il y a ce nouveau Kingsman, et Ginger nouvellement nommée. De plus, nous avons encore Galahad, le jeune et le vieux, mais le nouveau et l’ancien également. C’est à suivre, et vous pouvez essayer de deviner la suite.

Question : Aurait-on pu avoir cette suite sans Colin Firth ?

Matthew Vaughn : Oui, cependant quand j’ai commencé à écrire le scénario avec…. On a eu l’impression d’avoir perdu quelque chose. C’est pourquoi je voulais le faire revenir et voir comment il allait évoluer. Il y avait écrit Kentucky lors de sa scène et je me suis dit que c’est quelque chose qu’on pouvait faire. En fait, j’ai pensé : on peut faire quelque chose comme ça dans Dallas avec Bobby Ewing, et donc j’ai fait pareil, je l’ai fait revenir. Et son retour est dû à l’alpha-gel. C’est ridicule, mais c’est arrivé. Je me suis demandé comment fonctionnait le cerveau, avec les neurones alphas et voilà comment il survit.

Question : Vous avez réalisé des films comme X-Men, Kick Ass et enfin Kingsman, tous tirés de comics. Quelles ont été les plus grosses différences de travail ?

Matthew Vaughn : Pour X-Men ça a été facile, car le dernier est tellement mauvais que je me suis dit qu’arriver à un film moyen ça irait. C’est une adaptation d’un comics des années 60 aussi. Concernant Kick Ass ça a été plus difficile, car les personnages sont foncièrement plus méchants. Enfin Kingsman, on l’a imaginé à l’écran du coup le processus était plus facile.

Question : Enfin, si vous aviez un nom de code [2], lequel serait-il ?

Matthew Vaughn : Je serais l’agent Cherry !

[1] Personnage de Colin Firth

[2] Le nom de code des agents américains sont des noms d’alcool : Ginger, Tequila, Champ, Whiskey, etc.


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