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Rencontre avec Jamel Debouze, Anne Sila et Rayane Bensetti pour Le Roi Lion
Onirik -> Cinéma -> Interviews - biographies -> Dernière mise à jour : le jeudi 18 juillet 2019.
Jeudi 11 juillet 2019

retranscription de Christelle Rio

Les comédiens Jamel Debouze, Anne Sila et Rayane Bensetti, les doubleurs de respectivement Timon, Nala et Simba (adulte) ont répondu à de nombreuses questions concernant le film.

Présentatrice : Chacun, quel souvenir avez-vous de la première fois que vous avez vu le Roi Lion en salle, il y a 25 ans, ou peut-être un peu plus tard ?

Anne Sila (Nala) : Je ne me souviens pas vraiment de la première fois où je l’ai vu, mais par contre, je l’ai vu un millier de fois. Donc je le connais vraiment par cœur.

Présentatrice : Alors, pourquoi un millier de fois ?

Anne Sila (Nala) : Parce que ça fait partie des histoires qui, bizarrement, touchent tout le monde, quel que soit ce que l’on a vécu. En fait, toutes les histoires dans le film sont...

Présentatrice : Il y a des thématiques…

Anne Sila (Nala) : Desquelles on peut se rapprocher. C’est ça qui touche la plupart des gens qui regardent. J’étais enfant... On retrouve un peu notre petit cœur de bébé.

Présentatrice : Rayane, Jamel, vous vous souvenez des sensations ?

Jamel Debouze (Timon) : Ah, moi, très, très bien. Moi, j’ai tout fait pour voir ce film. (Présentatrice : C’est-à-dire ?) Pour vous dire la vérité, un ami a payé sa place au cinéma et a ouvert la porte de secours... Je me rappelle avoir resquillé pour voir Le Roi Lion, tellement j’avais envie de voir ce film. C’était un événement tellement incroyable. Tout le monde en parlait. On ne pouvait pas passer à côté. Et je me souviens encore très, très bien de toutes les sensations.

Je suis passé par tous les états : la joie, c’est vrai, tu reçois tout de suite de la joie ; de la peine, j’étais peiné, souvent et après re de la joie. C’est un film incroyable. Et si je peux me permettre, on a tous vu des images de ce film ?! On a tous été au cinéma souvent ?! c’est incroyable ! J’ai rarement vu un truc pareil au cinoche. C’est vrai, ça défie les lois de la pesanteur. De toute manière, c’est vrai. On voit des animaux parler, vivre, se mouvoir. La première fois, l’histoire m’avait frappé, mais là c’est, je ne sais pas… (Présentatrice : C’est une expérience cinématographique unique…) Ouais. C’est une expérience cinématographique unique, ouais, on peut dire ça comme ça.

Présentatrice : Rayane, vos souvenirs et la pression peut-être quand on vous dit : "Tu vas jouer le rôle de Simba"...

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Ouais, c’est un mélange de tout. Souvenir, pression, rêve, il y a un mélange de tout. Le Roi Lion, c’est le premier film que j’ai vu dans ma vie. Ça a été mon film préféré très longtemps. J’ai grandi avec Le Roi Lion. Pareil, comme Anne Sila, je l’ai vu dix mille fois. Et jusqu’à aujourd’hui, c’est quelque chose qui m’accompagne, en tout cas, avec ma famille : Le Roi Lion, les musiques… Tout ça, c’est un vrai truc qui me suit depuis que je suis enfant. Donc, être aujourd’hui Simba, c’est un rêve de gosse, quoi.

Jamel Debouze (Timon) : La classe d’être Simba !

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Je suis Simba !

Jamel Debouze (Timon) : Je connais Simba personnellement… Tu te rends compte, on est dans un classique. Ça vous fait rien, vous. (Présentatrice : Mais si. Mais bien sûr.) On est dans un classique. On a l’impression d’être au Louvre. (Présentatrice : Oui, de participer à l’histoire du cinéma...) Ouais, je t’assure, c’est vrai, ça me fait ça.

Présentatrice : D’ailleurs, Anne, premier doublage, et il y a ce personnage de Nala qui est, j’ai envie de dire, une sacrée gonzesse quand même. Elle est aventureuse. Elle est loyale. Elle est courageuse. Vous parliez de montagnes russe d’émotions, elle, pareil, il y a plein de nuances à jouer.

Anne Sila (Nala) : Il y a de la nuance, mais c’est pareil. Quand je l’ai appris, franchement, la première fois quand on m’en a parlé, je me suis dit que c’était une blague sur le coup. J’ai chanté la chanson pour rigoler à Boualem [1].

Rayanne (Simba) : Attention, quand elle chante et qu’elle rigole... On chante pas en rigolant de la même manière, il faut savoir.

Anne Sila (Nala) : Moi, je n’arrive pas à y croire non plus. Je suis Nala, quoi. Donc, ouais !

Présentatrice : Jamel, vous êtes des trois, celui qui a le plus l’habitude du doublage. En général, ça se fait de façon séparée. Les comédiens ne se rencontrent pas. Là, vous êtes un des membres d’un duo, mythique de chez mythique : Timon et Pumbaa. Vous avez pu enregistrer avec Alban Ivanov ?

Jamel Debouze (Timon) : Oui, oui. Pas tout évidemment, parce que Alban est très dissipé. Fallait un minimum de concentration.

Présentatrice : Oui, mais je suis sûre que vous l’avez ramené sur le droit chemin.

Jamel Debouze (Timon) : Comme c’est pas un professionnel, j’ai été obligé de le rappeler à l’ordre, une fois ou deux. Je dois dire qu’il a tout de suite pris le pied. Alban, je le connais depuis qu’il est tout petit. Donc on a des tropismes presque. C’est pas des automatismes, mais des tropismes. On s’aime tellement et on a tellement ri ensemble que j’avais l’impression d’être Timon et lui Pumbaa, pour de vrai. Et on se parle encore en Timon et Pumbaa, là.

Présentatrice : Ça marche comment alors ?

Jamel Debouze (Timon) : Mais, il faut qu’il soit là, sinon...

(Présentatrice : Mais alors, vous chantez aussi ? Est-ce que ça, ça a rajouté une petite pression dans votre expérience d’acteur, de producteur et réalisateur ?)

Jamel Debouze (Timon) : Pour vous dire la vérité, j’ai fait pour ce film ce que je n’avais jamais fait. Je voulais absolument être dans cette distribution. Voilà, avec Boualem que je connais depuis des années maintenant. C’est vrai que j’ai une histoire avec Disney depuis Dinosaure. (Présentatrice : Qui était en 99, ça fait 20 ans.) C’est ça. C’est une maison que je connais très bien, c’est ma famille presque. Et là, je ne voulais pas passer à côté de ce classique qui est un monument. J’ai saoulé Boualem. J’ai accroché un post-it par jour, chez lui, dans sa voiture, partout où ça pouvait se coller. Et quand il m’a dit : « Écoute, c’est compliqué, - il n’était pas chaud - il faut chanter, il faut chanter. » Et moi, je ne sais pas chanter, Madame. C’était mon problème. Il m’a dit : « Faut chanter. » Alors, j’ai pris des cours de chant. J’ai passé 20 heures à me faire humilier par une dame que je ne connaissais même pas. Elle disait : « Faux, nul, nan, avec le ventre. » On chante pas avec le ventre, on chante avec la bouche ! J’ai donné tout ce que je pouvais. J’avais vraiment envie de le faire et ça a donné ce que vous avez entendu.

Présentatrice : Rayane, il faut coller au texte ? On peut s’autoriser de l’impro ?

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Pas vraiment. Il faut quand même respecter ce qu’ont fait les américains. En fait, ça va jusqu’aux intonations. En tout cas, pour ma part, pour Simba, il fallait vraiment faire comme Glover [2].

Présentatrice : Et c’est quoi le plaisir du doublage ?

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Bah, en fait, moi, c’est arrivé en plusieurs temps, parce que normalement on lit, on voit la première scène en anglais, on lit le texte. Sur la première scène, on apprend un petit peu le texte. On sait comment le relancer. On enregistre un peu les intonations. Moi, j’étais tellement choqué par le film que je voyais et je ne regardais pas le texte.

Donc, en fait, on me disait : c’est bon, t’es prêt ? Je disais : Ouais, on peut juste faire un point pour... J’étais vraiment captivé par le film. C’est un vrai plaisir d’avoir fait ça. Mais, je ne m’attendais pas à ce que ce soit, en fait, si compliqué. Moi, j’ai eu un déclic qui est arrivé à la fin du film. J’ai fait tout le film avec cette voix (...). On connaît tous le dessin-animé, et à la fin... On ne spoile rien ? On est d’accord que...

Présentatrice : Ah, il faut faire attention, on ne sait jamais. Il y a quand même des scènes, des inventions dans ce film...

Jamel Debouze (Timon) : [3] Eh, franchement, C’est pas le portrait craché de Simba ? Regardez, ses yeux ! Le nez : aquilin, la bouche charnue... Au-delà de la voix, il y avait le physique aussi.

Présentatrice : Anne, Rayane, je pense que le physique de Jamel et Timon, il y avait une évidence aussi, non ?

Jamel Debouze (Timon) : J’ai tendu le bâton. Sur la vie de ma mère, tu ne vas pas t’en tirer comme ça. Je sais pas quand tu vas prendre, mais tu vas prendre. On verra sur quoi. Sur le physique certainement. P : Mais non... J’en ai plus rien à foutre.

Présentatrice : Bon, puisque je suis grillée, je vais laisser la parole à la salle, parce que vous devez avoir plein de questions à poser à Jamel Debouze, Anne Sila, Rayane Bensetti. Moi, j’en ai plein. Je peux tenir la journée.

Question de la salle : On va rester sur le physique, parce que justement votre boulot avec Alban correspond au personnage que vous jouez...

Jamel Debouze : Vous êtes de la même famille ? T’es en train de me dire que j’ai la tête d’un suricate, quoi.

Présentatrice : J’ai une pensée pour Alban Ivanov.

Jamel Debouze (Timon) : C’est vrai, c’est vrai. Écoutez... Il faut qu’on ressemble un peu au personnage physiquement si on veut les incarner. Ça passe aussi par là. Oui, et avec plaisir. J’ai un petit air de suricate. Et Alban... C’est vrai qu’on dirait un sanglier. Tout le monde s’accorde à dire que oui. Donc oui, on colle aux personnages.

Présentatrice : Non, mais on sait que pendant le doublage, vous jouez autant avec votre voix qu’avec votre corps, tous ? Moi j’ai pu voir certaines séances de doublage. Vraiment, il y a un engagement du corps. Je pense même que la cabine doit être trop petite.

Anne Sila : Comment répondre à ça ?

Présentatrice : Nala est tout en élégance. Est-ce que vous avez senti, à un moment, que vous engagiez votre corps autant que votre voix ?

Anne Sila (Nala) : A des moments, quand la lionne bouge, effectivement, on faisait en sorte d’avoir des mouvements quand je parle. Sinon, ça faisait bizarre. J’ai trop pris ça au sérieux. On m’a dit là : Calme-toi. Mais oui, on essaye de coller au personnage.

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Il y a des moments qui bougent un peu plus. Moi, en tout cas, sur Simba, il y a plein de moments où il force. Alors il fallait quand même bouger un petit peu. Il y a des moments où il dort, il se tourne. Donc il faut jouer avec le physique malgré le fait que ce soit juste de la voix.

Question de la salle : Pour Rayane Bensetti, avez-vous ajouté une touche personnelle au personnage que vous avez doublé dans la version française qu’on ne retrouve pas dans la version originale ?

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Non, je ne me serais pas permis. Là, pour le coup, c’est Disney. Là, on s’attaque à un grand classique, et je ne peux pas rajouter des petits trucs qui viennent de moi ou autre. J’ai essayé d’être le plus pro, le plus carré possible. Et surtout, il y a quand même une attente derrière Simba, et je n’ai pas envie que les gens soient déçus parce que j’ai fait, on va dire, du Rayane Bensetti.

Jamel Debouze (Timon) : Moi, j’ai rajouté une phrase en arabe. A vous de la trouver.

Présentatrice : Jamel, je me permets, il n’y a vraiment aucune impro ? J’avais l’impression qu’il y avait des fins de phrases où on entend des petits dialogues qui se poursuivent. On a vraiment l’impression...

Jamel Debouze (Timon) : Alors, je vais vous dire la vérité, je crois que c’est la première fois de ma vie que j’accepte ça. Boualem a été intransigeant là-dessus. Ça fait longtemps qu’on se connaît. Et il voulait absolument que je ne sois pas moi, mais que je sois Timon. Là, c’était compliqué, parce qu’effectivement, j’ai toujours tendance à improviser, à aller chercher des choses, des sons mêmes, des fins de phrases comme vous dites. Mais il a été intransigeant, il n’a pas voulu qu’on sorte du texte et qu’on colle vraiment à la réplique. Il m’a dit : C’est un classique, c’est pas le film de ta mère. C’est un classique, on reste classique. C’est déjà extraordinaire, qu’est-ce que tu veux rajouter à l’extraordinaire, toi ? Bah, j’ai écouté.

Question de la salle : Jamel, vous savez ce que c’est que de vous frotter à un film d’animation. Quelles caractéristiques techniques vous a le plus bluffé quand vous avez découvert Le Roi Lion ?

Jamel Debouze (Timon) : Le rendu est incroyable ! Pour avoir fait un peu d’animation... J’ai eu la chance de côtoyer de grands studios en Inde. Oui, L’Odyssée de Pi [4] où déjà il était question d’un tigre. Ils ont fait Pi, mais là, j’ai pu voir qu’on est passé à une autre stratosphère. Souvent, on peut s’acharner à faire un bon personnage et à négliger un peu les décors. Là, tout est travaillé à la perfection, dans le moindre détail. On s’y perd vraiment.

J’adore les reportages animaliers. J’adore les Disney. J’adore les films d’animation. Et là, franchement, on est un peu perdu. Au départ, on ne sait pas où on est tellement c’est réel. Aujourd’hui, ils réussissent à faire des matières qui sont vraiment confondantes. L’eau par exemple, dans Nemo [5], on a pu vraiment le constater. C’est presque de la matière. Là, pour le coup, vous l’avez vu ce film, l’animation arrive à un niveau jamais atteint jusqu’à présent.

Présentatrice : Oui, puis on est au-delà de l’animation. Il y a un mélange de prises de vues réelles, de ce qu’on appelle de l’image photoréaliste. Il y a du travail par ordinateur, mais, moi, je trouve qu’il y a un réalisme qui est fou. Et il y a la poésie, malgré tout, d’avoir des animaux qui parlent...

Jamel Debouze (Timon) : Oui, le plus dur, c’est d’avoir donné de l’âme à ces personnages. C’est ça le plus compliqué. Ils ne sont pas réels. Et, les yeux, ils sont des éléments extrêmement importants. Ils sont très, très forts. Le pelage est fou. Non, honnêtement, je n’ai jamais vu ça.

Question de la salle : J’aurais voulu savoir si c’était vous aussi qui jouiez Simba enfant. Est-ce que vous changez votre voix pour ça ?

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Non. J’aurais bien aimé, pourquoi pas, mais non, non. Je ne sais plus comment s’appelle le comédien. Mais, c’est un jeune comédien [6].

Présentatrice : Rayane, justement vous disiez que la première fois vous étiez tellement bluffé par les images que vous oubliez de...

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Ouais, puis le pire, c’est qu’on est pris par le moment. On n’a pas vraiment le temps de… On a l’impression de mal faire, en fait. On se dit qu’on aurait pu mieux faire. Et on est arrivé à la fin du film, on double la bagarre de Scar et Simba, à ce moment-là, on connaît tous cette phrase clé de : "Pars et ne reviens jamais." En fait, il y a un énorme blanc sur Simba et au moment où je fais une voix un tout petit peu différente, j’ai un déclic, et je fais : Et merde, c’est ça la voix de Simba. En fait, j’ai déjà fait tout le film avec une autre voix. Donc, j’ai demandé si on pouvait tout refaire. Ils m’ont dit : "Ouais, machin..." Mais j’ai dû quand même tout recommencer parce que les scènes se font très vite. On passe vite à une autre scène... Et du coup, on a des petits regrets le soir. On a refait, le lendemain, des scènes avec justement cette nouvelle voix.

Présentatrice : Oui, et on ne ressent pas beaucoup votre voix, il y a une vraie invention.

Jamel Debouze (Timon) : T’as trouvé la voix de Simba à la fin ?

Rayane Bensetti (Simba adulte) : À la fin, ouais.

Jamel Debouze (Timon) : C’est dommage.

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Mais j’ai pu tout refaire, ça va.

Présentatrice : Vous savez, ça prend du temps de trouver sa voix/voie. Anne, vous en parliez, au début, vous disiez ce qui vous a beaucoup touché dans le film. C’était aussi, non seulement, les émotions mais aussi les thématiques. Il y a la transmission, la relation parent-enfant, père-fils notamment. Il y a la loyauté, la trahison… Est-ce que c’est important aussi de continuer à véhiculer, via de grands films comme ça, des thématiques pareilles. Ce n’est peut-être pas un hasard si aujourd’hui on réinvente le Roi lion.

Anne Sila (Nala) : Je pense que justement, c’est pour ça que ça marchera encore et peut-être mieux puisqu’on n’a jamais autant vécu d’émotions aussi contrastées que maintenant. Elles sont beaucoup plus nombreuses, et je pense que les gens, et moi quand j’ai vu les bouts de films que j’ai doublé, ça m’a vraiment marqué. Même la culpabilité. Il y a plein d’émotions cachées dedans. C’est pour ça que ça parle à tout le monde. C’est pour ça que ça parlera encore.

Présentatrice : Oui, il y a toute une nouvelle génération qui va peut-être d’abord voir ce nouveau film, puis redécouvrir le film d’animation. Vos enfants, Jamel ? Ils ont vu celui d’il y a 25 ans ?

Jamel Debouze (Timon) : Ah oui, ils l’ont vu. Ils le connaissent par cœur, ils adorent. Ils ont hâte d’être à ce soir pour voir le film [7]. Ils sont comme oufs.

Question de la salle : Vous avez évoqué le classique d’il y a 25 ans, est-ce que vous avez peur ou l’espoir que ce nouveau film devienne un classique et qu’il remplace le précédent ?

Jamel Debouze (Timon) : Je pense que chacun a sa place. Je pense que ça se consomme totalement différemment. (...) On n’a pas la même perception des choses avec nos gosses. Et pourtant, je pense que l’histoire est tellement intemporelle, elle est tellement universelle. Les dialogues, les situations sont tellement forts que ça dépasse les générations. Je prendrai autant de plaisir à voir le classique. Mais c’est vrai que ça, c’est une expérience sensorielle incroyable.

(Présentatrice : Et puis, vous avez vu le film. Dans celui-là, il y a aussi de nouvelles scènes. On a beaucoup dit que ça va être du plan par plan partout, mais il y a un vrai respect de l’original et en même temps, il y a plein de petits ajouts. C’est super agréable de se faire surprendre.)

Anne Sila (Nala) : On nous offre une madeleine de Proust sur un plateau. Pas améliorée parce que ce n’est pas la question, mais on nous l’offre juste pour le simple plaisir de le revivre. Avec des petits côtés qui vont être nouveaux.

Jamel Debouze (Timon) : J’ai adoré Charles Aznavour et j’ai adoré la reprise que Dr. Dre en a fait. Et pourtant, les deux sont formidables, incroyables et intenses, d’une manière complètement différente et avec le même plaisir.

Question de la salle : Est-ce que vous ne trouvez pas qu’aujourd’hui, ce n’est pas un cran plus stressant ? Est-ce que les enfants ne sont pas plus préparés à des films qui font un peu plus peur ?

Jamel Debouze (Timon) : Je vais laisser répondre Françoise Dolto.

Présentatrice : Moi, je ne dis plus rien. Je me souviens d’avoir eu peur en voyant le film d’il y a 25 ans, donc...

Jamel Debouze (Timon) : Mais de toute façon, dans tous les films Disney, tu as raison, Disney, enfin Walt, parce que je l’ai bien connu... Pour avoir un peu lu sur Walt, il s’est inspiré de contes ancestraux. Il a été chercher chez Ésope, chez Grimm, et quand on lit Psychanalyse des contes de fées de Bettelheim, on se rend compte que rien n’est nié, que la peur, au contraire, est un élément très important. D’abord pour raconter une histoire et pour éduquer les enfants. Il ne s’agit pas de les stresser. Il s’agit juste de leur raconter la vie en les faisant légèrement rêver.
Je ne sais pas si j’ai bien répondu à ta question, mais j’ai adoré ma réponse.

Question de la salle : Est-ce que vous n’avez pas le sentiment que ce film est un film militant pour la défense d’espèces menacées ? Peut-être que dans 10 ans, il faudra regarder Le Roi Lion pour se dire qu’il existait encore des lions ou d’autres espèces que l’on voit dans le film. Je suis un peu pessimiste.

Rayane Bensetti (Simba adulte) : T’as un peu plombé l’ambiance, mais on va en parler quand même. C’est le moment d’en parler. Justement, on a des bracelets avec la tête de Simba. En fait, ils ont été faits pour dire qu’entre le premier Roi Lion et celui-là, je ne sais plus les chiffres exacts (...) :
- il y a 20 000 lions encore en vie en 2019
- il y en avait 200 000 il y a 25 ans...
Donc, oui, c’est le moment d’en parler. En fait, t’as un meilleur discours que moi. Peut-être que tu peux en parler plus que moi. C’est important d’en parler.

Une personne de l’équipe de Disney s’exprime sur ces faits :

On a lancé une campagne, il y a 25 ans. Il y avait un certain nombre de lions et depuis, il y a 50 % de la population qui a diminué. Donc, on s’est dit qu’il fallait qu’on se mobilise sur le sujet, car c’est très important. On a lancé une grande campagne internationale qui s’appelle « Protect the pride » Longue vie au Roi en français. Et cette campagne a deux objectifs :
- Se mobiliser d’un point de vue financier. Donc, nous Disney, on se mobilise d’un point de vue financier, puisqu’on a fait un don de 1,5 million de dollars à une association qui s’appelle Lion recovery found.
- On veut sensibiliser les gens à ce sujet.
En France, on a développé ce petit bracelet qui est éco-conçu, solidaire. Pour chaque bracelet vendu (il est vendu 5 euros), 1 euro ira à une association qui s’appelle Panthera sur un programme dédié au Sénégal dans un parc national de Niokolo-Koba pour la protection des lions.
On parle de la protection des lions, parce que là c’est le symbole, c’est Le roi lion, mais il y a d’autres espèces, la cohabitation entre l’homme et l’animal et puis, les habitats aussi.

Présentatrice : Merci beaucoup pour ces explications. C’est aussi à travers le cinéma qu’on envoie des messages, surtout pour les nouvelles générations. Une dernière question : A vous trois, est-ce qu’il y a une image, un souvenir, un moment qui va vous rester de cette expérience ?

Anne Sila (Nala) : Mon job était plus de chanter, donc j’étais assez stressée à l’idée de faire le doublage [8]. Je ne m’attendais vraiment pas à être prise. Je vis un truc de dingue, donc merci (...).

Rayane Bensetti (Simba adulte) : Je t’avoue que c’est pareil, quand j’ai eu la réponse, parce qu’il me l’a envoyée par texto, l’enfoiré [9]. Vraiment par message, et il m’a dit - S’il m’avait mis "Tu es Simba" j’aurais compris - C’est parti ! (...) En fait, comme ils envoient les essais aux États-Unis, moi je me suis dit : "OK, mortel, les essais sont partis." Et je lui réponds : "C’est quand ?" Il me dit : t’as pas compris, tête de con, la réponse c’est toi, Simba. Et là, matin, champagne, dix heures du matin, champagne. Voilà. C’était la grosse surprise, vraiment. Simba, c’est un rêve de gosse.

Présentatrice : Jamel, encore une fois, vous avez beaucoup d’expérience et pas des moindres. Il y a encore quelques semaines c’était Toys Story 4, c’est un régal aussi... C’est quoi le petit supplément dingue de cette expérience ?

Jamel Debouze (Timon) : (...) J’aime pas être sentimental, mais il y avait un truc vraiment sentimental. Ça fait 20 ans que je travaille avec Boualem, on est vraiment des amis. Il m’a poussé à chanter. Je n’étais pas censé chanter. J’ai adoré ça et je vais continuer. J’ai joué dans une partition incroyable, un classique qui me suivra toute ma vie, avec mon ami d’enfance, Alban Ivanov. (...) C’était super.

Présentatrice : Merci à tous les trois et merci pour tout le plaisir que vous avez apporté. Le film sort le 17 juillet.

[1] Il fait partie de la Direction créative

[2] Donald Glover, la voix originale de Simba

[3] Jamel s’est déplacé jusqu’à l’affiche de Simba pour faire la comparaison avec Rayane Bensetti

[4] L’Odyssée de Pi, sorti en 2012

[5] Le Monde de Némo, Disney de 2003

[6] Lorik Saxena

[7] Le film était diffusé en avant-première le 11 juillet 2019

[8] C’est la première fois qu’Anne Sila double un film

[9] Boualem


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