Onirik
Rencontre avec Kenshiro Sakamoto
Onirik -> Bande dessinée -> Interview -> Dernière mise à jour : le mardi 6 août 2019.
le vendredi 5 juillet 2019

retranscription de Marjolaine Ta

A l’occasion de Japan Expo 20e Impact, le mangaka Kenshiro Sakamoto a pu faire une conférence (et live-drawing) sur la scène Kuri le vendredi 5 juillet 2019. Il était invité par les éditions Pika pour sa série La grande Aventure de Happy un spin-off de la série Fairy Tail de Hiro Mashima !

La session de questions-réponses ne révèle pas l’intrigue de la série, on parle de sa conception, de sa création et de son évolution, ainsi que des autres projets du mangaka.

Présentateur : Qui connaît bien Fairy Tail [1] ? Qui connait aussi Buster Keel [2] ? C’était son précédent manga. Et oui, il a fait aussi un autre manga qui s’appelle Pitch-Black Ten [3] qui est aussi annoncé chez Pika. Et on va vous en parler. Aujourd’hui, on va faire une petite conférence sur Happy, La grande Aventure de Happy [4]. Qui aime bien Happy ? Et en plus, pendant toute la conférence, il va dessiner et en même temps, je vais lui poser des questions et à son tantô [5] aussi. D’ailleurs, a-t-il en tête ce qu’il va nous dessiner ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Non, je n’ai rien prévu.

Présentateur : Et bien c’est parfait, on va improviser tout ça.

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Je vais commencer par dessiner Happy.

Présentateur : Voulez-vous d’abord dire un petit mot ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) *en français* : Je m’appelle Kenshiro Sakamoto, enchanté.

Présentateur : Est-ce que vous étiez un fan de Fairy Tail et si c’est le cas, quel personnage vous faisait envie ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : J’aime beaucoup Fairy Tail. Avant de découvrir Fairy Tail, j’ai surtout beaucoup accroché à Rave [6], l’œuvre précédente de Maitre Mashima, et j’ai travaillé avec lui sur ce titre et Monster Soul [7]. Et dans Fairy Tail, mon personnage préféré est tout simplement Natsu.

Présentateur : Comment en êtes-vous venu à dessiner Happy ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Monster Soul a été publié dans un magazine dans lequel j’ai moi-même eu l’occasion de publier ma première série, qui n’est pas sortie en France [8], c’est donc un titre qui m’a marqué.

Il y a une espèce de conjonction de différents facteurs. C’était une période un peu difficile pour moi, je me posais beaucoup de questions sur la prochaine série que je pouvais dessiner. J’ai été approché par l’éditeur japonais de Fairy Tail, Kodensha, notamment M. Yasunaga, ici présent, qui souhaitait faire du personnage de Happy sa mascotte, la mascotte de l’ensemble de la maison d’éditions.

Pour ce faire, ils souhaitaient que je dessine un manga et comme j’avais travaillé par deux fois avec Mashima comme assistant et qu’une de mes séries précédentes Buster Keel a un trait qui était qualifié par tout le monde d’assez proche de Maître Mashima, j’étais le candidat idéal pour le faire. Il se trouve aussi qu’au plus profond de moi, j’ai toujours voulu faire des séries s’adressant aux plus jeunes. C’était donc une opportunité qui tombait à pic.

Présentateur : Je relève que vous dessinez super vite.

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Merci pour ce compliment, après je précise quand même que je dessine Happy depuis plus d’un an, donc je crois que je commence à trouver mes marques.

Présentateur : Parlons du processus de fabrication, Kodensha vous a appelé car vous étiez le meilleur candidat, mais comment Maître Mashima s’est aussi impliqué dans ce projet ? Quelle est sa part de travail dans ce projet ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Tout d’abord, j’ai présenté à Maître Mashima trois propositions. La première, c’était que Happy devienne un youtubeur, c’était l’idée de départ (ça aurait pu être drôle). La deuxième idée, c’était de raconter Fairy Tail du point de vu de Happy. Qu’est-ce qui se passerait si Fairy Tail se déroulait à travers le regard, non pas de Natsu, mais de celui de Happy, qu’il soit là le personnage principal. Et la troisième proposition, c’est celle qui a été retenue, par maître Mashima.

Ce qui lui tenait le plus à cœur, c’était de faire évoluer Happy, et donc le faire évoluer dans un monde peuplé d’animaux. Car il me semblait que pour le faire devenir le personnage principal, il fallait qu’il soit entouré de personnages plus proches de lui comme des animaux parlant. S’il avait évolué dans un univers peuplé d’êtres humains, ces derniers seraient naturellement beaucoup plus forts que lui et il aurait eu plus de mal à assurer ce rôle de héros. C’est pourquoi j’ai décidé de ce monde uniquement peuplé d’animaux.

Présentateur : Monsieur le tantô, avez-vous quelque chose à rajouter ?

Tantô : En fait, les propositions de Maitre Sakamoto ont été validées par Maître Mashima et moi-même. On lui laisse néanmoins carte blanche et il se trouve que ses propositions répondent vraiment bien à nos critères. Il a vraiment bien compris l’univers qui était nécessaire pour permettre au personnage de Happy de devenir le héros et donc d’avoir ce rôle de mascotte chez Kodensha.

Présentateur : Transition parfaite, tous les animaux ont des caractères assez trempés, comment les avez-vous travaillés ? Est-ce que c’était plus basique dans le sens où le chien est considéré comme intransigeant donc le chien doit l’être, le lapin un peu pleureur, etc. Avez-vous calqué les caractères par rapport aux personnages ou avez-vous fait un peu ce que vous voulez dessus ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Pour vous retracer un peu mon processus créatif, j’ai d’abord réfléchi à l’histoire et il me semblait qu’il était important de plonger le personnage de Happy où il était tout seul, où il ressentait la solitude, où il lui arrivait des choses surprenantes.

Et ensuite, de l’amener dans des situations qui lui permettent d’exprimer toute une palette d’émotions et pour ce faire, il fallait trouver des personnages. A partir de ces personnages, qui pouvaient faire naître ces situations, j’ai réfléchi aux animaux qui pourraient les incarner. À la base, Happy n’aime pas les chiens, j’ai donc essayé de réfléchir sur quel personnage nécessaire à mon histoire pourrait convenir à un chien, et il se trouve que c’est le personnage du policier.

Présentateur : Et du coup, voilà le policier. (M. Sakamoto était en train de dessiner ce personnage)

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : D’ailleurs pour ce chien, il y a une chanson qui est une comptine parlant d’un policier chien dont je me suis inspiré pour ce personnage de bouledogue policier.

J’étais au courant que j’allais être amené à dessiner, mais on ne m’a pas prévenu que je devais chanter. Dans les paroles de cette chanson, il s’agit au départ d’un petit chaton qui est perdu et le policier-chien est un peu désemparé, il ne sait pas comment il va l’aider. Il y a donc un petit parallèle entre mon histoire et les paroles de cette chanson.

Présentateur : Happy, par rapport aux autres animaux, nous paraît un peu plus adulte, comme il est sans Natsu, est-ce donc une volonté de votre part de le rendre un peu plus indépendant et adulte ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Oui, tout à fait, à l’origine, le personnage de Happy est un sidekick [9] de Natsu, c’est vraiment son compagnon, mais comme il se retrouve tout seul, il est forcément obligé de grandir un peu, de prendre son indépendance pour résoudre toutes les situations un peu problématiques qui se présentent à lui.

Je me suis efforcé de faire ressentir au lecteur, quel que soit son âge, de l’empathie pour ce personnage qui est au début un peu désemparé et qui trouve ensuite les ressources en lui pour surmonter toutes les difficultés.

Présentateur : Justement, comme il surmonte toutes les difficultés, etc. Vous êtes-vous inspiré de personnes dans la vie réelle pour mettre en scène les personnages de votre manga ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Non, je ne me suis pas inspiré de personnes de la vie réelle, mais je me suis inspiré d’autres personnages qui sont dans les œuvres de Maître Mashima, Fairy Tail bien sûr, mais aussi Rave, Monster Soul et Monster Hunter.

Présentateur : Pour vous, quelle est la recette pour avoir un personnage qu’on n’oublie pas ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Pour moi, il s’agit de forcer un peu le trait, d’exagérer à la fois le design du personnage et les aspects de sa personnalité. Par exemple, plutôt que de faire un personnage qui soit un peu bizarre, je pense que c’est plus efficace de faire un personnage carrément chtarbé, ou au lieu de faire une petite pleurnicheuse, je préfère faire un personnage qui passe son temps à pleurer pour n’importe quelle raison. C’est une technique souvent utilisée dans le domaine du manga, quel que soit le genre, d’exagérer tous les traits du personnage.

Présentateur : On agrandit le trait pour le caractériser.

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Dans le manga, on considère aussi que l’introduction, l’ouverture d’une série est très importante, alors je ne voulais pas faire quelque chose de commun. J’ai donc eu l’idée de commencer l’histoire de Happy par cette scène où on le voit se faire avaler par cette espèce de grosse tête. C’est aussi dans ce genre de moment où je me fais plaisir, et je pense qu’il est important quand on est mangaka de se faire plaisir, toujours s’amuser. J’avais un peu peur de la réaction de Maître Mashima, qu’il n’apprécie pas trop, mais il a aussi été très amusé par la scène.

Présentateur : Est-ce que dans La Grande Aventure de Happy, il y a un personnage dans lequel vous vous retrouvez un peu ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Il n’y a pas un personnage en particulier dans lequel je me projette, ou j’essaye de me mettre en scène, mais chacun des personnages qui composent l’histoire de Happy porte des aspects de ma personnalité, de mon caractère.

Présentateur : La Grande Aventure de Happy se passe dans un monde où il n’y a que des animaux, tout est doux, tout est beau, est-ce que c’est une sorte de paradis ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Tout à fait, c’est un monde très réconfortant même si à l’occasion il y a quelques petites bagarres qui éclatent. C’est surtout vrai dans le premier tome, mais à partir du deuxième, troisième tome, il y a des éléments un peu étranges, des mystères qui vont surgir. Vous allez vous poser quelques questions et tout n’est pas aussi charmant et coquet comme on le voit dans le premier tome.

Présentateur : Le premier tome est une sorte de teasing ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Je vous invite donc à lire la suite, vous verrez comment l’histoire se développe.

Présentateur : On est dans un monde de fantasy, est-ce que c’est plus propice à créer des situations complètement exubérantes, décalées drôles…

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Oui tout à fait, ce registre permet de s’affranchir des règles et des lois du monde réel, et notamment de dessiner des bâtiments et avoir une architecture un peu bizarre. Là par exemple, je suis en train de dessiner le poste de police en forme de chien et vous voyez l’immeuble carotte.

Présentateur : c’est vrai qu’il est très marquant. Tout l’univers ressemble à un énorme potager, un potager vivant.

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Oui, c’est un univers que je voulais réconfortant, mais tout n’est pas aussi rose dans celui-ci.

Présentateur : Il nous fait du teasing. Par rapport aux graphismes, revenons un peu au côté fantasy, qu’est-ce qui vous plait le plus dans ce genre ? Dessiner tout ce qui est possible où il y a quelque chose de particulier ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : En effet, il y a beaucoup d’œuvres que j’ai appréciées comme lecteur dans la fantasy et ce qui me plaît dans ce genre, c’est que la distinction entre les gentils et les méchants est très simple, très claire. Alors que dans la réalité, c’est beaucoup plus difficile, les choses sont beaucoup plus nuancées, les gens ne sont pas toujours à 100 % bons, les méchants pas toujours à 100 % mauvais, et dans la fantasy, il y a un héros, un justicier qui va battre des méchants et c’est quelque chose de plus facile à comprendre et c’est porteur de messages beaucoup plus évidents.

Présentateur : Est-ce que pour vous, un véritable héros est celui qui arrive à rendre tout le monde heureux petit à petit ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Pour moi, un héros, ce n’est pas quelqu’un d’exceptionnel, ce n’est pas quelqu’un qui est particulier. Chacun d’entre nous peut devenir un héros et ce qui le permet c’est d’être à l’écoute des gens, de comprendre leurs problèmes et d’essayer de les aider à leur mesure. Dans le cas de Happy, il rencontre parfois des gens simplement tristes, il va rester avec eux et leur remonter le moral. Ainsi de ce point de vue là, tout le monde peut être un héros.

Présentateur : Vu que vous dessinez un peu pour les enfants, est-ce que vous avez certaines directives ? Quelque chose en particulier, dessiner d’une certaine façon ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Il y a plusieurs choses, là je suis en train de dessiner le personnage de ma première série qui s’appelle Totsugeki Chiken ! qui n’est pas encore sortie en France.

Pour moi il faut s’assurer que le lecteur ait une bonne compréhension de l’histoire, qu’il arrive à lire facile l’histoire. Pour ce faire, il faut réfléchir au recoupage, parfois il faut faire des bulles un peu plus grandes par rapport à une série qui s’adresse à un public un peu plus âgé. Ensuite s’agissant du contenu, il faut mettre la pédale douce sur les combats, ne pas mettre de choses trop violentes. Et aussi atténuer les aspects érotisants pour que les parents soient rassurés et permettent l’achat et la lecture, sans qu’ils s’inquiètent.

Présentateur : Justement, en parlant un peu de la composition des pages, comment conceptualisez-vous vos planches ?

Kenshiro Sakamoto : Tout commence d’abord par une réunion avec les éditeurs, pas forcément M. Yasunaga, ça peut être ses collègues. Nous commençons par réfléchir au scénario du chapitre suivant, on lance plusieurs pistes, plusieurs mots clés, là j’ai écrit ‘Happy, il y aura un ennemi et il va utiliser ses ailes. On lance des idées en l’air pour donner forme à un début d’histoire qu’on essaye de cristalliser. Puis il faut avancer en donnant des détails, il ne faut pas rester dans le vague.

On a le point de départ du chapitre, un point d’arrivée, ensuite on se dit qu’on a 14 pages pour raconter ce qu’il se passe alors de la page 1 à 3 il va se passer ça, ensuite 4 à 6, autre chose. Une fois ça bien défini, on peut passer au découpage et je peux travailler. C’est très fragmenté, après je suis plus un rêveur par nature, alors ma femme quand elle me voit elle me dit, qu’est-ce que tu fabriques ? Tu rêvasses ? J’ai donc besoin que ce soit bien défini pour travailler.

Présentateur : Comment vous organisez-vous avec vos assistants ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : J’ai deux assistants, il y en a un qui vient travailler chez moi, il s’occupe des décors et on travaille sur papier. Une fois qu’on a terminé de dessiner, on va les scanner et les envoyer à un autre assistant qui travaille à distance avec qui on communique par Skype, il va s’occuper de toutes les finitions.

Présentateur : Pouvez-vous nous faire un programme, une de vos journées types ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Je me lève entre 7H et 8H et je me couche vers minuit. Je passe toute ma journée assis à ma table de travail, hormis le temps que je consacre pour m’occuper de mes enfants, manger et me laver, mais sinon je suis collé à ma table à dessin.

Présentateur : Je vais poser maintenant à M. Yasunaga votre tantô, comme il a dit être hyper rêveur, comment c’est d’être son éditeur et de travailler avec lui ?

Tantô : Je le laisse faire selon ses envies. Je peux me permettre de lui laisser carte blanche car c’est quelqu’un de très sérieux, très consciencieux. Il fait un travail de très grande qualité, c’est quand les gens ne produisent pas un travail acceptable que je leur dis. Là pour M. Sakamoto, je n’ai rien à dire.

Présentateur : Il dessine maintenant la renarde.

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : C’est cela, c’est la renarde qui s’appelle Luna.

Question du public : Bonjour, c’est une question pour l’éditeur, M. Sakamoto est à la fois dessinateur, scénariste, dans la BD française, il y a souvent des dessinateurs qui s’associent à des scénaristes, est-ce que vous avez aussi ce genre de choses dans vos publications ou seulement des personnes qui font les deux ?

Tantô : Il arrive fréquemment qu’on ait un scénariste plus un dessinateur, mais il arrive souvent que ces deux personnes se disputent, donc il est préférable en tant qu’éditeur d’avoir une seule personne avec qui travailler, ainsi il y a moins de problèmes.

Question du public : Est-ce que ce n’est pas trop difficile pour M. Sakamoto, d’avoir une grosse pression d’avoir pris un personnage de Fairy Tail et d’en avoir fait une histoire à part entière. N’est-ce pas trop dur de se dire que Fairy Tail est une grosse série à succès, n’y a-t-il pas trop de pression ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Effectivement avant de commencer à dessiner cette série j’avais beaucoup d’appréhension et de pression, car comme vous l’avez dit Fairy Tail a beaucoup de succès et c’est un personnage très apprécié, mais j’avais aussi confiance en moi, je fais en sorte de ne pas me laisser écraser par la pression. Je pense que pour que cette série fonctionne, il faut que j’aie cette confiance en moi et que je prenne plaisir à la dessiner.

Question du public : Est-ce que La grande aventure de Happy est adressée à un public plus jeune que Fairy Tail ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Tout à fait, c’est une série qui est d’abord destinée aux plus jeunes. Mais j’ai très à cœur que les fans de Fairy Tail puissent l’apprécier quel que soit leur âge et que les adultes aussi, j’aimerais que ce soit une série avec un large public.

Question du public : Est-ce que d’autres personnages animaux de Fairy Tail comme Carla vont apparaître ou c’est vraiment l’indépendance de Happy ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Je préfère éviter de faire apparaitre d’autres personnages de Fairy Tail, pour éviter de lui faire voler la vedette. C’est vraiment son histoire, son évolution, mais à l’occasion, je peux me permettre des petits clins d’œil voire même des interventions un peu plus conséquentes, mais pour l’instant on se concentre sur Happy.

Question du public : Est-ce que ça sera une série longue ou seulement quelques livres ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Pour être tout à fait honnête, j’ai envisagé l’histoire dans sa totalité, je sais comment elle va se terminer. Mais il se peut que selon le succès de la série je sois amené à la faire durer plus longtemps, je compte sur vous, c’est votre responsabilité. Autrement, j’ai plusieurs arcs en tête, là on est sur le premier, ainsi je peux potentiellement en proposer d’autres.

Question du public : C’est plutôt comique ou plutôt heroic ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Pour vous résumer le concept de cette série c’est plutôt de l’aventure dans la fantasy, je veux replacer tous les thèmes que l’on trouve dans Fairy Tail.

Dans le premier tome de Happy, l’aspect comédie est assez prononcé, mais dans le deuxième tome, il y aura un peu plus de scènes d’action et de bagarres, et dans le troisième tome, ça sera encore plus fort. Il y aura des scènes d’aventures, de combats, des scènes de résolutions de mystères qui sont tous les ingrédients qui ont fait le succès de Fairy Tail. En ce moment je travaille sur le chapitre 53, et il y a beaucoup d’action.

Question du public : Quelles sont vos références de manière générale ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : J’ai été influencé par le travail de Maître Mashima, mais aussi par celui de Maître Toriyama, par rapport à Dragon Ball mais surtout sur le caractère design qu’il a fait pour le jeu Dragon quest.

Présentateur : Il a travaillé avec Maître Mashima, qu’avez-vous appris de lui ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : Il y a deux choses, d’abord l’aspect technique, lorsque j’ai vu ses planches de mes propres yeux, j’ai mesuré à quel point le travail d’un mangaka professionnel se devait d’être d’un degré de perfection élevé.

Ça m’a vraiment boosté et fait prendre conscience du travail que je devais fournir car c’était à une époque où je n’étais pas encore à la hauteur et puis la deuxième chose c’est sur le plan humain. C’est une personne qui a rencontré un succès énorme, mais il est resté très humain, il fait en sorte qu’il y ait toujours une bonne ambiance dans son studio, de bien s’entendre avec tout le monde.

Présentateur : pouvez-vous nous présenter un peu la série qui va sortir chez Pika, Pitch-Black Ten ?

Kenshiro Sakamoto (mangaka) : À la différence de Fairy Tail qui est une série très feel good, réconfortante, Pitch-Black Ten est une série du genre dark fantasy destinée à un public plus mature. Elle brasse des thèmes plus sombres. De la même manière que Happy évoque le thème du bonheur, qu’est-ce que le bonheur, dans Pitch-Black Ten c’est la même chose. La question est comment trouver le bonheur, et est-ce qu’on trouve plus facilement le bonheur en continuant à vivre ou est-ce qu’on l’atteint en mourant, quelle est la voie du bonheur ?

Présentateur : Merci encore à vous d’être là !

Site officiel des Editions Nobi Nobi

Retranscription et photos de la conférence par M.TA pour Onirik.net

[1] Série de Hiro Mashimo terminée en France en 63 volumes chez Pika

[2] Série de Kenshiro Sakamoto terminée en France en 12 volumes chez Kana

[3] Série de Kenshiro Sakamoto dont le premier tome sortira chez Pika le 2 octobre 2019, la série est terminée en 3 volumes

[4] Série de Kenshiro Sakamoto dont le premier tome est sorti le 3 juillet chez Nobi Nobi

[5] Aussi appelé en France responsable éditorial, le tantô est une figure de l’ombre indispensable dans la conception d’un manga.

[6] Ancienne série de Hiro Mashima, elle est sortie chez Glénat et est terminée en 35 volumes

[7] Série courte de Hiro Mashima éditée chez Pika et terminée en 2 volumes

[8] Totsugeki Chiken est une oeuvre non licenciée en France

[9] dans une œuvre de fiction, un faire-valoir est un personnage secondaire qui a pour vocation de mettre en valeur le héros.


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