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Seduced at midnight - Avis +
Onirik -> Littérature -> Version anglaise -> Dernière mise à jour : le lundi 16 février 2009.
Editeur : Berkley sensation

roman de Jacquie d’Alessandro

Présentation de l’éditeur

The Ladies Literary Society of London gathers again for a ghost story... Lady Julianne Bradley has always longed for wild adventure. Unfortunately, the man with whom she wishes to share her fervor can never be hers. Tormented by her desire, she’s preparing for a suitable marriage when ghostly occurrences straight out of her latest read start happening—and to protect Julianne, her father hires the very man her heart cries out for.

Avis de Guitou

Après l’histoire de Sarah qui a épousé le Marquis de Langston (Sleepless at midnight), puis celle de sa soeur Carolyn mariée à Lord Surbrooke (Confessions at midnight), c’est maintenant l’histoire de Lady Julianne Bradley, fille du Comte et de la Comtesse de Gatesbourne. Une très belle histoire d’amour « impossible » entre un roturier et une noble.

Le troisième volet de la série Mayhem in Mayfair s’ouvre comme les deux précédents volumes, sur une réunion secrète de la Ladies Literary Society, un nom très sérieux qui dissimule l’intérêt passionné de quatre jeunes amies (Sarah, Carolyn, Emily et Julianne) pour la gent masculine et les lectures légèrement polissonnes. Ce soir là, en se remémorant avec ses amies certains passages de The Ghost of Devonshire Manor (leur dernière lecture licencieuse), Lady Julianne ne peut s’empêcher de songer à l’homme qui envahit régulièrement ses pensées depuis leur brève rencontre, deux mois auparavant : le séduisant Bow Street Runner Gideon Mayne.

Gideon est un homme sombre, énergique, un policier incorruptible et consciencieux, doté d’un sens de l’honneur très aigu. Il est célibataire, n’a pas de fortune, et vit seul dans une modeste mais confortable maison qu’il a payée à la sueur de son front. C’est un homme qui a un passé difficile, dont le souvenir lui est pénible, mais dont on ne découvrira le tourment qu’au fur et à mesure de la lecture du roman. Il représente pour Lady Julianne la droiture, mais aussi le goût du risque, le frisson du danger. Sans être un rustre, il n’a pas les manières délicates des aristocrates, il n’a jamais dansé, et s’exprime simplement en jurant occasionnellement (ses propos sont régulièrement fleuris de tonitruants « bloody hell ! »). Physiquement, il est loin des standards de minceur de l’aristocratie londonienne : c’est un homme puissant, musclé, qui de surcroît porte sur le visage les stigmates de son métier risqué (on lui a cassé le nez à deux reprises au cours de bagarres). Gideon a récemment été chargé de démasquer le voleur fantôme qui dérobe les bijoux de riches nobles (toujours des femmes) avant de les assassiner. De ce fait, il va être amené à enquêter parmi la noblesse londonienne lors de soirées prestigieuses où il n’est guère mieux considéré qu’un insecte.

Julianne est noble, fille de comte, soumise à l’autorité paternelle, et promise en mariage au duc d’Eastling, un homme froid, veuf de plus de 20 ans son aîné, et aristocrate jusqu’au bout des ongles. Eastling n’est venu à Londres que pour trouver une nouvelle épouse qu’il compte isoler en Cornouailles sitôt l’union consommée. Mal aimée d’un père et d’une mère autoritaires et intransigeants, Julianne s’est toujours conformée à ce qu’on attend d’elle. Mais alors que d’autres jeunes femmes du même rang seraient comblées à la perspective d’être bientôt duchesse, Julianne elle, sous des dehors timides et réservés, rêve en secret d’aventure, d’amour et de passion, d’un homme qui saura comprendre sa soif de liberté (qui reste très raisonnable) et ne la considérera pas comme un bel objet. Elle sait que tout cela lui sera à jamais interdit auprès d’Eastling et c’est la raison pour laquelle c’est le beau Runner qui alimente ses fantasmes.

Un véritable fossé de conventions infranchissable sépare Julianne de Gideon. Il est en effet impensable que la fille d’un comte s’abaisse à fréquenter un homme de condition aussi inférieure qu’un Runner. Et comme si cela ne suffisait pas, elle sera bientôt officiellement engagée à Eastling. Malgré cela, Julianne et Gideon s’étudient de loin depuis 2 mois, à l’occasion de réceptions au cours desquelles il est en service, et leur attirance s’alimente de ces regards furtifs, grandissant de jour en jour, devenant une véritable obsession. Jacquie d’Alessandro a réalisé ici un véritable travail d’orfèvre, faisant monter une tension sensuelle presque palpable, alors que les deux héros n’ont même encore eu l’opportunité de s’approcher réellement. Cette tension est le prélude à de nombreuses scènes lourdes de désirs contenus, qui progressivement, se chargent d’émotion à mesure que les héros apprendront à se connaître et à s’apprécier.

Embauché par Gatesbourne pour assurer la protection de Julianne, la jolie aristocrate devient pour Gideon une tentation quotidienne. L’histoire est poignante, car ils sont tous deux conscients de ressentir peu à peu bien davantage que du désir, mais ils savent également que leur couple est condamné avant même d’avoir existé. Cette histoire n’est pas sans rappeler celle de Zachary Bronson et Holly Taylor dans le superbe roman de Lisa Kleypas Where dreams begin (Frissons interdits en français). Tout comme dans Seduced at midnight, les héros de Where dreams begin appartiennent à des classes dont les membres ne se marient qu’entre eux. Mais à l’inverse de la plupart des romans qui évoquent ce genre de situation, ce sont ici les femmes qui sont nobles, et les hommes des roturiers, ce qui rend ces romans d’autant plus précieux car plus rares. Ils permettent de surcroît des scènes particulièrement savoureuses comme celle où Julianne va apprendre à Gideon comment danser la valse (c’est aussi le cas dans Where dreams begin où Holly va régulièrement donner des leçons de maintien à Zachary), ou encore lorsque Gideon va chanter une chanson paillarde à Julianne, chanson qu’elle n’aurait jamais pu entendre de la bouche d’un Eastling compassé.

Tout comme Lisa Kleypas avant elle, Jacquie d’Alessandro a pris le parti de développer davantage la relation entre ses deux héros, n’utilisant l’intrigue policière qu’en toile de fond. Certains lecteurs pourront le regretter, il aurait en effet été intéressant de voir Gideon plus souvent dans la rue, dans l’exercice de son art. La façon dont il découvre l’identité du criminel est d’ailleurs un peu « légère », mais bien pardonnable, chacun sachant que les romans de Jacquie d’Alessandro ne sont pas des policiers à l’intrigue complexe et aux multiples rebondissements, mais des comédies romantiques centrées sur la relation amoureuse des deux protagonistes. Et à cet égard, le roman est une véritable réussite.

C’est donc avec impatience que le quatrième et dernier tome de cette série est attendu pour avril 2009, sous le titre Tempted at midnight. Il y a fort à parier que cette ultime histoire sera celle de l’impertinente Emily, avec le très peu conventionnel milliardaire américain Logan Jennsen. La fin de Seduced at midnight nous a réservé une surprise de taille lorsque la jeune Emily a rejoint l’Américain dans le salon de Gideon pour échanger un baiser qui a laissé un Jennsen passablement secoué. Comment expliquer ce baiser quand Emily crie à qui veut l’entendre combien elle déteste cet Américain si peu distingué, et quand l’intéressé proclame son indifférence pour les petites ladies anglaises coincées qui vous regardent de haut…

Une sortie à ne pas manquer !

Fiche technique

Format : poche
Pages : 352
Editeur : Berkley Sensation
Collection : Mayhem in Mayfair
Sortie : janvier 2009
Langue : anglais
Prix : 6,04 €


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