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Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le mercredi 3 juin 2020.
Editeur : Pocket

de Christina Dalcher

Présentation de l’éditeur

Cent mots par jour. Depuis l’avènement au pouvoir d’un Parti fondamentaliste, les femmes sont soumises à ce quota absurde. Un mot de plus, un seul, et le bracelet-compteur qu’elles portent au poignet envoie une décharge électrique.

Aussi, lorsque Jean McClellan se voit proposer de venir en aide au frère du Président, victime d’une aphasie, l’ex-docteur en neurosciences n’hésite-t-elle pas longtemps. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir, alors qu’elle recouvre la parole, pourrait bien la laisser définitivement sans voix...

Avis de Thérèse

En tant que docteur en linguistique, Christina Dalcher a enseigné les sciences du langage à travers le monde. Pour son premier roman, elle s’est attaquée à un domaine qu’elle maîtrise parfaitement : le langage, la parole, l’expression, ou plutôt le contrôle d’une partie de la population, en l’occurrence les femmes, par une limitation drastique de la parole.

100 mots par jour, voilà à quoi se réduit la vie des femmes et filles en Amérique après l’élection d’un parti fondamentaliste dont le slogan est « Make America moral again » et qui a décidé de retrouver de "vraies valeurs" : les hommes travaillent, décident, commandent, et les femmes sont obligatoirement femmes au foyer, obéissent et se taisent.

Dans une telle société, les ’Purs’ n’acceptent évidemment pas l’homosexualité : les ’anormaux’ sont envoyés dans des camps de rééducation, mariés de force…

Pas plus de 100 mots prononcés par jour, sous peine d’un rappel à l’ordre assez violent par son bracelet compte-mots, sous forme de décharge électrique, mais pas le droit non plus d’accéder aux livres, aux téléphones, aux ordinateurs, aux passeports, aux comptes en banque, pas le droit non plus d’essayer de communiquer par signes avec d’autres femmes.

Suite à l’accident du frère du président, le gouvernement se voit dans l’obligation de faire appel au meilleur docteur en neurosciences… qui est une femme. Quand on lui propose de reprendre ses recherches, avec son ancienne équipe, elle va finalement accepter et négocier certaines libertés pour elle et pour sa fille, mais sa mission de recherche va l’amener à soupçonner que le pire est peut-être encore à venir…

Sous prétexte d’une dystopie terriblement réaliste, effrayante, futuriste mais potentiellement si proche, Christina Dalcher nous emporte avec un grand talent et un rythme soutenu dans une réflexion glaçante sur les droits des femmes, l’égalité des sexes, les libertés individuelles, le sort des minorités, les dérives politiques sur fond de religion.

Un livre qui risque de vous laisser sans voix, à moins qu’il ne vous donne envie d’élever la voix !

Fiche technique

Format : poche
Pages : 448
Editeur : Pocket
Collection : Best
Sortie : 5 mars 2020
Prix : 7,90 €


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