Onirik
Comment les Français ont gagné Waterloo (ou croient l’avoir gagné) – Avis +/-
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le jeudi 17 juin 2021.
Editeur : Albin Michel

essai de Stephen Clarke

Face à ces inlassables fauteurs de troubles britanniques, Napoléon, aux yeux des Français bonapartistes, était une sorte de maître de kung-fu méditant paisiblement sur son tapis de prière à propos du progrès et de la démocratie, tandis qu’une bande de petits galopins anglais lui jetaient des marrons dessus, l’obligeant finalement à se lever pour leur flanquer une claque.

18 juin 1815, les armées coalisées affrontent dans la morne plaine de Waterloo ce qui reste de la Grande Armée. Celle-ci succombe et les Français perdent à Waterloo. Mouais, en apparence, car en deux-cents ans, de nombreux auteurs ont transformé cette défaite en victoire.

L’historien français Jean-Claude Damamme n’écrivit-il pas « Waterloo fut pour les Anglais une défaite gagnée. »  ? Quant à un certain Dominique de Villepin, son opinion est éloquente : « Cette défaite brille d’une aura digne d’une victoire ». Et n’oublions pas Victor Hugo qui met en avant le mot de Cambronne.

Citant entre autres Max Gallo, Georg Hegel, Jean Jaurès, Friedrich Nietzche, Walter Scott et Stendhal, l’écrivain sarcastique (et british) qu’est Stephen Clarke se livre à une critique de ceux qui ont voulu réécrire l’Histoire. Selon eux, Napoléon aurait été victime de l’incompétence de ses officiers, de la trahison, de la maladie, de la météo ou même de la volonté divine.

Sa présentation des écrits de ceux qui ont nié que Waterloo soit une défaite française se révèle instructive.

On peut remarquer que les auteurs favorables à Napoléon sont sévèrement jugés par Clarke. Dominique de Villepin, n’est-il pas l’homme du CPE ? Hum, ne serait-ce pas hors-sujet ? De même comme Lord Byron a défendu Napoléon, Clarke s’empresse d’évoquer quelques scandales impliquant « sa vie très privée ». Il semble que pour Clarke, toute personne favorable à Napoléon soit un « méchant pas beau ».

Clarke fait preuve d’un humour acerbe. Il fait ainsi le parallèle entre deux 18 juin : celui du général Cambronne et celui du général De Gaulle. Seulement, voilà, après qu’il ait évoqué l’appel du 18 juin où le général De Gaulle avait appelé les Français à se rallier à lui Clarke précise que 177 Français ont débarqué le 6 juin 1944. Exact, les 177 hommes du commando Kieffer débarquèrent le 6 juin sur les plages de Normandie. Mais Stephen Clarke « oublie » que des parachutistes français avaient sauté dans la nuit du 5 au 6 juin 44 et que la 2e DB débarqua le 1 août. Précisons que, suite à la fusion des Forces Françaises Libres avec l’armée d’Afrique, l’armée de libération compta 1 300 000 hommes.

De même Clarke explique l’invasion de la Russie par la Grande Armée pour imposer le blocus continental. En réalité, une armée russe de 280 000 hommes se préparait à envahir la Pologne, ce qui provoqua une attaque préventive de Napoléon.

Anecdotiquement, Clarke évoque la trahison du capitaine du Barrail en plein milieu de la bataille de Waterloo. Celle-ci a bien été évoquée par différents historiens, mais Barrail n’était que l’un des quatre suspects (et Clarke ne mentionne pas les autres).

Cet ouvrage se révèle des plus partial. Il peut être intéressant pour les amateurs d’humour spirituel. Cependant, bien des informations historiques se révèlent incomplètes ou erronées (certaines délibérément).

Fiche technique

Format : broché
Pages : 288
Traduction : Pierre-Emmanuel Dauzat
Éditeur : Albin Michel
Sortie : 4 mai 2015
Prix : 20 €

L'auteur Damien Dhondt
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